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Sa'îd Ibn 'Amâr radhiaAllâhou'anhou


 
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Badr7
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MessagePosté le: 03/11/2008 00:43:13    Sujet du message: Sa'îd Ibn 'Amâr radhiaAllâhou'anhou Répondre en citant



  

Parmi la foule de mecquois qui assistait au martyr du supplice du martyr Al-Khabbab Ibn 'Adiy ( cf http://muslim.xooit.com/t7452-Al-Khabbab-ibn-Adiyy-radhiAllahou-anhou.htm dans les environs de La Mecque, il y avait un jeune homme, imposant par sa haute taille et sa force physique, qui jouait des coudes pour être dans le premier rangs. De là où il était, il pouvait voir le glorieux Al-Khabbab subir les tortures et la crucifixion avec courage et dignité. Bien qu'étant encore polythéiste, il n'en était pas moins sensible aux manifestations de la Vérité. Et ce jour-là, son âme et son cœur virent dans l'attitude héroïque d'Al-Khebbab une manifestation de cette vérité. Comment pouvait-il en être autrement lorsqu'il voit que cet homme que l'on mène à la mort, songe à faire sa prière dans la sérénité et la quiétude sans se soucier de ce qui va lui arriver ? Comment accepter qu'il se résigne à son sort en refusant  catégoriquement que Muhammed
soit à sa place comme le lui suggéraient ses tortionnaires ?


La scène que vécut notre Sahaba ce jour là, le hanta longtemps après. Il ne pouvait chasser de son esprit l'image d'Al-Khebbab crucifié et le corps lacéré. Mais plus que cela, le sacrifice d'Al Khabbab lui a appris plusieurs choses. Il lui a appris que la foi en un idéal vrai et sacré mérite qu'on se sacrifie pour elle. Il lui a appris également que la vrai foi vécue intensément suscite des miracles et des prodiges. Il lui a appris enfin que cet homme -Muhammed
- aimé autant par ses compagnons ne pouvait être un imposteur. Toutes ces choses-là vont le préoccupé pendant plusieurs jours. Il ne cessait de penser à cela, et l'image d'Al Khebbab succombant sous les tortures sans renier sa foi, défilait sous ses yeux. Après plusieurs jours de réflexion, le cœur de notre Sahaba commença à s'ouvrir à la lumière divine. Et c'est, solennellement qu'il proclama sa conversion à l'Islam au milieu d'une foule de gens.


Quelques temps après, il émigra à Médine où il fréquentera assidûment le cercle du Messager d'Allâh
. Il participera à la bataille de Kheybar et à d'autres expéditions. D'un tempérament calme et pondéré, il était discret et effacé, ce qui explique qu'il ne soit pas aussi connu que les autres sahabas radhiaAllâhou'anhoum. Mais ceci n'enlève rien au mérite de cet illustre homme.


Un jour, entrant chez 'Umar radhiaAllâhou'anhou, il l'interpella en ces termes :

"Ô 'Umar, crains Allâh pour les hommes et ne crains pas les hommes pour Allâh ! Que tes actes ne contredisent pas tes paroles ! Ô 'Umar soit toujours attentif à ceux qui t'ont chargé de cette responsabilité, qu'ils soient ici ou ailleurs ! Aime pour eux ce que tu aimes pour toi et tes proches, et déteste pour eux ce que tu détestes pour toi et tes proches. Fonce lorsque le droit et la justice l'exigent et ne crains pas dans la voie d'Allâh les reproches des gens."

-'Umar rétorqua : "Et qui peut faire toutes ces choses-là Ô Sa'Îd   ?"

-Il lui répondit : "Un homme comme toi qu'Allâh a investi de la responsabilité de la communauté de Muhammed
et qui ne met rien d'autre en lui et Allâh."


-'Umar, qui aimait qu'on lui donne des conseils (et qui disait souvent : '"Allâh fasse miséricorde à celui qui me montre mes faiblesses.") fut très content d'entendre de tels conseils venant de la part d'un illustre sahaba. C'est alors qu'il lui proposa de gouverner Hims qui était vacant et qui aurait besoin d'un homme de sa stature.

-Mais, contre toute attente, notre sahaba refusa, et répondit : "Je te conjure, Ô 'Umar, ne me mets pas à l'épreuve !"

-'Umar, visiblement vexé, lui rétorque : " Malheur à vous ! M'avez-vous chargé de la responsabilité du Califat en me laissant seul ?" Il ajouta : "Par Allâh, je ne te laisserai pas te dérober à cette responsabilité !" Et il insista tant et si bien qu'il finit par le convaincre. Il lui dit : "Veux-tu qu'on te fixe une source de revenu ?"

- Notre Sahaba répondit : "Pourquoi faire, mon salaire du bayt al-mâl (trésor public) me suffit amplement."

Et il partit pour Hims en compagnie de son épouse. Quelques temps après, des notables de Hims vinrent en visite à Médine. 'Umar, qui les avait reçus, leur demanda de lui établir la liste de tous les nécessiteux de Hims afin de leur venir en aide. Lorsqu'il reçut la liste il fut surpris de voir le nom de notre Sahaba mentionné. Il demanda des explications et on lui répondit : "Nous avons remarqué qu'il se passait plusieurs jours sans qu'un feu ne soit allumé chez lui."

'Umar pleura au point de mouiller sa barbe. Un gouverneur necéssiteux, cela ne pouvait arriver qu' à un compagnon du Messager d'Allâh
qui avait vendu la vie d'ici-bas pour celle de l'Eternité. Le calife prit une somme de mille dinars et la donna à la délégation en leur disant :


"Transmettez mon salut à Sa'ïd et dîtes lui : "voici une somme d'argent qui te permettra de subvenir à tes besoins." "



En recevant cet argent, notre pieux compagnons eut une réaction de rejet qui fit accourir son épouse.


-Celle-ci lui demanda : "Qu'y a-t-il ? l'Emir des croyants est-il décédé ?"

- Il lui répondit : "C'est plus grave que cela !"

-Elle ajouta : "Les musulmans ont-ils perdu une bataille ?"

-Il rétorqua : "Non, c'est encore plus grave que cela !"

-Elle dit : "Mais qu'est-ce qui est plus grave que cela ?"

-Il lui répondit alors : "Ce bas monde vient d'entrer chez moi pour me faire perdre l'au-delà et la tentation s'est installée dans ma demeure !"

-Ne sachant pas de quoi il parlait, elle lui dit : "Débarasse-toi d'eux !"

-Il lui dit : "M'aideras-tu dans ma tâche ?"

-Elle répondit : "Oui, bien sûr !"

-Alors, il sortit l'argent et lui dit : "Je vais le distribuer aux pauvres parmi les gens de Hims."

Ainsi était cet homme admirable que les attraits de ce bas monde n'ont jamais pu éblouir. Un jour, le Calife 'Umar, venu en visite à Hims, reçut les doléances de ses habitants. Certains d'entre eux lui présentèrent une plainte des plus saugrenues contre leur gouverneur. Cette plainte se résumait en quatre points :

-Le gouverneur ne se montre à eux que lorsque le jour montre sa clarté.
-Il ne répond à personne la nuit.
-une fois par mois, il disparaît complètement et personne ne le voit.
-De temps à autre, il est sujet à des pertes de connaissances.

Devant cet état de fait, 'Umar convoqua notre Sahaba en se disant : "Ô Allâh, ne me déçois pas à son sujet car j'ai une grande confiance en lui..." Lorsqu'il fut en face de lui, 'Umar lui dit : "Voilà ce que disent les habitants de Hims à ton sujet. Qu'as tu à dire, ô Sa'ïd"

-Gêné, mais obligé de dire la vérité, notre pieux compagnon répondit : "Par Allâh, je ne voulais pas parler de cela, mais puisqu'il le faut, qu'on en parle. Ils disent qu'ils ne me voient que lorsque le jour a atteint sa pleine clarté.  Bien sûr, puisque ma femme n'ayant pas de domestique, c'est moi même qui pétrit la farine, la laisse fermenter puis cuis mon pain. Ensuite, je fais mes ablutions pour la prière d'ad-duhha -prière surérogatoire du matin- avant de sortir à leur rencontre."

-'Umar loua Allâh et lui dit : "Et pour le deuxième reproche ?"

-Notre sahaba dit : "Bien que je répugne à le dévoiler, je consacre jour à recevoir les gens et nuit pour adorer Mon Seigneur."

Il continua : " Quant au fait que je disparais un jour par mois, j'ai déjà dit que je n'avais pas domestique. Aussi, c'est moi même qui lave mon seul vêtement. C'est pourquoi j'attends toute la journée jusqu'à ce qu'il sèche pour sortir.



Enfin, pour ce qui concerne mes pertes de connaissances, je vais vous en donner la raison. J'étais présent le jour où les quraychites torturèrent à mort Al-Khebbab Ibn 'Adiy. J'ai vu comment ils lacèraient son corps en lui disant :


"Aimes-tu que Muhammed
soit à ta place ?"


Et lui, de répondre : "Non par Allâh, je ne voudrais jamais être en sécurité avec ma famille alors que Muhammed
souffre de la piqûre d'une épine."


A chaque fois que je me souviens de cette scène, et que je prends conscience que je ne suis pas venu en aide à Al-Khebbab, j'ai peur du chatiment d'Allâh et je perds connaissance."

-A la fin de ces belles et émouvantes paroles, 'Umar s'écria :

"Je rends grâce à Allâh de ne pas m'avoir déçu !. Et il entoura notre noble sahaba de ses bras en l'embrassant sur son front.

Un gouverneur qui se comporte ainsi, ne peut être, comme nous l'avons dit, qu'un homme sortit tout droit de l'école du Prophète
, une école où l'on apprend que ce bas monde n'est pas une fin en soi, un but, mais une passerelle vers le vrai monde, la vraie vie, la vie éternelle. Notre Sahaba était un pur produit de cette école.


Un jour, on lui dit : "Dépense pour toi et pour ta famille et profite des délices de la vie." Et lui de répondre : "Non, je ne serai pas en reste des premiers croyants après avoir entendu le Messager d'Allâh
dire  : "Allâh, qu'Il soit glorifié, rassemblera les gens le Jour du Jugement Dernier. C'est alors que les pauvres parmi les croyants viendront d'un pas léger et s'envoleront comme s'envolent les colombes. On leur dira : "Attendez d'être jugés" Mais eux répondront : "Nous avons aucun compte à rendre". Alors Allâh dira : "Mes serviteurs ont raison" Et ils franchiront les portes du Paradis..."


C'est en l'an 20 de l'Hégire que cet illustre compagnon rendit son âme à Allâh. Il avait attendu longtemps pour pouvoir rejoindre le bien-aimé prophète
et les compagnons Radi Allâh ^Anhou qui l'avaient précédé. Qu'il se réjouisse maintenant de leur compagnie pour l'éternité !

L'intégralité de ce récit est extrait du livre de Messaoud Abou Oussama intitulé Les Compagnons du Prophète (Tome I: Les Premiers hommes de l'Islam) auw éditions Tawhid.
  

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MessagePosté le: 03/11/2008 00:43:13    Sujet du message: Publicité
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