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Muhammad Salla Llâhou 'aleyhi wa salam : Chapitre 2


 
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Badr7
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MessagePosté le: 30/08/2008 21:17:10    Sujet du message: Muhammad Salla Llâhou 'aleyhi wa salam : Chapitre 2 Répondre en citant
BismiLlâhi Er-Rahmân Er-Rahim.
Salam 'aleikoum wa rahmaTouLlâhi wa barakaTou.





CHAPITRE 2 : A l'Ombre de la Prophétie...
   

Chers frères, chères soeurs,

Les fois précédentes, nous avons étudiés ensemble la vie des arabes d'antan, depuis l'époque d'Ibrahim salla Llâhou 'aleyhi wa salam. Nous avons vu de quel manière les arabes sont passé de la religion monothéiste pure prêché par ce prophète, à l'idolâtrie. Nous avons exposés les us et coutumes des arabes, et définie le contexte géopolitique, retracé les conquêtes perses et byzantines, raconté l'histoire de l'Éléphant Nous avons ensuite terminée par une étude approfondie de la généalogie du Prophète salla lLâhou 'aleyhi wa salam, jusqu'à clôturer; par sa naissance. Je vous invite, inchaAllâh, a retourner y jeter un petit coup d'eil, car sinon, vous risquez d'être un peu perdu, voici le lien : ( http://muslim.xooit.com/t8270-Mohammed-Salla-Lahou-aleyhi-wa-salam-Chapitre… ). Je vous remets ainsi le schéma récapitulatif de la généalogie du Prophète




C'est ainsi que je vous propose la suite de l'Histoire. Nous sommes donc à La Mecque, en l'an 571. Amina Bint Wahb vient d'accoucher d'un enfant, qui fut baptisé Muhammed par son grand père, 'Abdul Mutalib..

I°) Un enfant étonnant.

A- La Vie en dehors de La Mecque.

1) Une enfance chez les Bani Sa'd

Parmi les habitudes des gens de Qureych, il y avait celle qui consistait à élever les enfants à l'extérieur de La Mecque, et ce, pour différentes raison. Tout d'abord, car La Mecque est le lieu de rassemblement de milliers de pèlerins, et de ce fait, beaucoup d'étranger originaires de tous horizons s' y rendent, et y importent tout un bagage culturelle tel que la langue, les traditions et autres. En conséquence, la culture mecquoise risque d'être altéré et de perdre son authenticité. On voit par exemple actuellement se développé en Amérique le phénomène Spanglish, qui désigne un mélange linguistique entre l'anglais et l'espagnole dû à l'émigration hispanique que connait ce continent. C'est exactement ce mélange que redoutaient les qureychites. Ainsi, c'est pour éviter que la langue arabe se dilue et ne soit entachée par les autres langues que les mecquois avait pour habitude de laisser leurs enfants grandir à l'extérieur de la ville, histoire d'acquérir une maîtrise complète de l'arabe pur, puis retourner à La Mecque une fois formé. C'est donc pour préservé leur culture, et surtout, pour éviter que les enfants s'imprègnent des cultures étrangères . D'autre part, une autre raison qui poussaient les arabes de l'époque à évacuer leurs enfants à l'extérieur de la ville était parce que la ville est le refuge de nombreuses maladie (bactérie, virus..). Enfin, s'ajoute le fait que les arabes considéraient que la vie en campagne ou dans le désert permet d'acquérir une certaine robustesse. C'est toutes ces raisons qui ont fait que depuis des temps ancestraux, les qureychites confiaient leurs nouveaux-nés à des nourrices campagnardes. Celles-ci, bien qu'elles faisaient cela pour de l'argent, ne fixaient pas de prix, considérant simplement que le prix du sein n'a pas de prix. Cette pratique a été confirmé dans l'Islam. En effet, concernant le fait de laisser l'enfant entre les mains d'une nourrice pour qu'il grandisse là bas, Allâh 'azawajal dit :

وَالْوَالِدَاتُ يُرْضِعْنَ أَوْلاَدَهُنَّ حَوْلَيْنِ كَامِلَيْنِ لِمَنْ أَرَادَ أَن يُتِمَّ الرَّضَاعَةَ وَعلَى الْمَوْلُودِ لَهُ رِزْقُهُنَّ وَكِسْوَتُهُنَّ بِالْمَعْرُوفِ لاَ تُكَلَّفُ نَفْسٌ إِلاَّ وُسْعَهَا لاَ تُضَآرَّ وَالِدَةٌ بِوَلَدِهَا وَلاَ مَوْلُودٌ لَّهُ بِوَلَدِهِ وَعَلَى الْوَارِثِ مِثْلُ ذَلِكَ فَإِنْ أَرَادَا فِصَالاً عَن تَرَاضٍ مِّنْهُمَا وَتَشَاوُرٍ فَلاَ جُنَاحَ عَلَيْهِمَا وَإِنْ أَرَدتُّمْ أَن تَسْتَرْضِعُواْ أَوْلاَدَكُمْ فَلاَ جُنَاحَ عَلَيْكُمْ إِذَا سَلَّمْتُم مَّا آتَيْتُم بِالْمَعْرُوفِ وَاتَّقُواْ اللّهَ وَاعْلَمُواْ أَنَّ اللّهَ بِمَا تَعْمَلُونَ بَصِيرٌ
2.233. Waalwalidatu yurdiAAna awladahunna hawlayni kamilayni liman arada an yutimma alrradaAAata waAAala almawloodi lahu rizquhunna wakiswatuhunna bialmaAAroofi la tukallafu nafsun illa wusAAaha la tudarra walidatun biwaladiha wala mawloodun lahu biwaladihi waAAala alwarithi mithlu thalika fa-in arada fisalan AAan taradin minhuma watashawurin fala junaha AAalayhima wa-in aradtum an tastardiAAoo awladakum fala junaha AAalaykum itha sallamtum ma ataytum bialmaAAroofi waittaqoo Allaha waiAAlamoo anna Allaha bima taAAmaloona baseerun
2.233. Et les mères, qui veulent donner un allaitement complet, allaiteront leurs bébés deux ans complets. Au père de l'enfant de les nourrir et vêtir de manière convenable. Nul ne doit supporter plus que ses moyens. La mère n'a pas à subir de dommage à cause de son enfant, ni le père, à cause de son enfant. Même obligation pour l'héritier . Et si, après s'être consultés, tous deux tombent d'accord pour décider le sevrage, nul grief a leur faire. Et si vous voulez mettre vos enfants en nourrice, nul grief à vous faire non plus, à condition que vous acquittiez la rétribution convenue, conformément à l'usage. Et craignez Allah, et sachez qu'Allah observe ce que vous faites.
2.233 . Mothers shall suckle their children for two whole years ; ( that is ) for those who wish to complete the suckling . The duty of feeding and clothing nursing mothers in a seemly manner is upon the father of the child . No one should be charged beyond his capacity . A mother should not be made to suffer because of her child , nor should he to whom the child is born ( be made to suffer ) because of his child . And on the ( father ' s ) heir is incumbent the like of that ( which was incumbent on the father ) . If they desire to wean the child by mutual consent and ( after ) consultation , it is no sin for them ; and if ye wish to give your children out to nurse , it is no sin for you , provided that ye pay what is due from you in kindness . Observe your duty to Allah , and know that Allah is Seer of what ye do .

C'est dans ce contexte que naquit notre Prophète
.
C'est ainsi qu'une délégation de femme campagnarde se rendirent à La Mecque comme à son habitude, pour "recruter" l'enfant qu'elles allaient allaiter. Parmi elles, une femme issue de la tribu des Bani Sa'd Ibn Bakr fit son apparition à La Mecque en compagnie de son marie et de son bébé qu'elle allaitait, en quête d'un nouveau né pour l'accueillir et l'emmener dans son village. Cette femme répondait au nom de Hâlima Ibn Abû Du'ayb et son mari, au nom d'Al Harith ibn 'Abdul 'Uzza (surnommé Abû Kabcha). Ce couple était extrêmement pauvre, d'autant plus que cette année là, une grande disette et une grande sècheresse sévissait en Arabie. Ce pauvre couple, nous apprend Ibn Ishaq rahimahouLLâh ne possédaient qu'une chamelle extrêmement maigre et qui ne donnait pas de lait, ainsi qu'une ânesse. Le bébé qu'ils avaient ne cessait de crier dans le camps, se tordant de faim et de soif. Autant dire que la situation de cette famille était critique. Ils avaient donc l'espoir de trouver un enfant pour l'éduquer puis percevoir en retour une compensation financière dès le retour de l'enfant. Bien entendu, cette fameuse compensation était à la mesure de la richesse du père, donc pour ces femmes venues chercher un enfant, il valait mieux qu'il ait un père riche et honorable. Le moment venu, chacune des femmes choisit un enfant pour l'emmener avec lui. Seul un nouveau né, ce jour là, fut mis à l'écart. Personne ne voulait de lui, pour la simple raison qu'il était orphelin, et que donc, peu "rentable". Qui aurait-pu s'imaginer à ce moment-là que ce bébé allait devenir le meilleur homme que la Terre ait connue ? Quoi qu'il en soit, ce fut le tour de notre chère Halima de choisir un enfant, et devant elle, il ne restait que le Prophète
. Elle témoignera plus tard, toujours d'après Ibn Ishaq, en ces termes :

"C'était une année de sècheresse et de famine, et nous n'avions rien à manger. Nous avions également avec nous une vielle chamelle dont nous n'avions, par Dieu, pu obtenir la moindre goutte de lait. Nous ne pouvions pas fermer l'œil de la nuit tellement notre enfant pleurait de faim. Je n'avais pas assez de lait pour calmer sa faim et la chamelle ne donnait aucune goutte de lait. Nous priions constamment pour avoir de la pluie qui apporterait avec elle le soulagement. Arrivées à La Mecque, les femmes cherchèrent des enfants à allaiter. Aucune de nous ne voulut prendre l'Envoyé d'Allâh
car il était orphelin. Nous espérions la récompense du père de l'enfant. Nous disions : "Que faire d'un orphelin ! Que pourrions-nous recevoir de sa mère et de son grand-père" Toutes les femmes purent prendre un nourrisson hormis moi. Lorsque nous fûmes sur le point de repartir, je dis à mon mari : "Par Dieu, je n'aimerai pas revenir avec mes compagnes sans avoir moi-même trouvé un nourrisson. Je prendrai l'orphelin. " Il dit "Ne crains rien. Prends-le, plaise à Dieu qu'il soit pour nous une source de bénédiction (..)"


Remarque : La première femme qui l'allaita en dehors de sa mère fut Thuwwayba , esclave d'Abû Lahab. Elle avait déjà allaité Hamza fils de Abd Al-Mutalib et après lui, Abû Salama Ibn 'Abd Al Asad Al Makhzumi. En conséquence, le Prophète
avait deux frères de lait. Cette femme l'allaita en attendant le moment de confier Le Prophète
à une nourrice.


C'est ainsi, que ce choix de l'Orphelin
s'avèrera beaucoup plus rentable qu'ils ne pouvaient l'espérer avec n'importe quel autre enfant, fut-il fils de roi, car à la seconde où ils prirent l'enfant avec lui, les bénédictions commencèrent à pleuvoir. En effet, ses seins se remplirent de lait, suffisant largement à rassasier à la fois le bébé et le Prophète
. Les mamelles de la vielle chamelle se mirent eux aussi à gonfler, altérant ainsi la soif de toute la famille. Ils dormirent ensuite tranquillement. C'est ainsi que vint le moment du départ pour le Prophète
à la campagne. Souvenez vous du vieil âne fatigué dont je vous ait parlé au début, qui appartenait à la famille. Eh bien figurez vous qu'au moment ou Halima monta avec les deux
bébés sur l'âne, celui-ci se transforma en véritable cheval de compétition. L'âne se mit à dépasser toutes les caravanes, et aucun ne put rivaliser de vitesse avec lui Il essouffla carrément la caravane tellement il allait vite.



Stupéfait, les autres membres de la déléguation, voyant la famille de Halima avancer avec allure, s'adressèrent à elle en ces termes :


"Ô fille de Du'ayb ! Malheur à toi ! attends nous. N'est-ce pas là l'ânesse que tu avais à l'aller ?"

Elle leur répondit :

" Oui, par Dieu, c'est celle-là même !"

Elles s'exclamèrent :

"Par Dieu, son affaire est importante."

Une fois de retour chez eux, la famille de Halima n'était pas au bout de ses surprises. En effet, ils possédaient un terrain complètement aride, et largement stérile en végétation, surtout en cette période de sècheresse qui frappait l'Arabie.



Comme à son habitude, la famille sortit le troupeau de brebis pour paître le peu de végétation, mais ô miracle, ils furent stupéfait en voyant revenir leur troupeau de brebis, avec les mamelles gorgées de lait, ce qui ne leur était jamais arrivé auparavant. Ce phénomène pris de l'ampleur, si bien que les membres de la tribu des Bani Sa'id tout entière, (laquelle appartenait Halima et sa famille), se mit à ordonner d'emmener paître tout leurs bétails à l'endroit même où Halima emmenait les siens, croyant qu'elle avait trouvé un coin propice aux bétails, expliquant ainsi l'étonnant phénomène. Ceci dit, rien à faire, l'origine de cette soudaine bénédiction n'était pas là car malgré le fait que tout les troupeaux de la tribu affluait au même endroit, seul le bétail de Halima revenait avec les mamelles gorgées de lait. Personne n'aurait pu se douter que l'origine de ce miracle était dû à la présence, au sein de ce foyer, de celui qu'au début, personne ne voulait. C'est ainsi que chaque jour qui passait, les bénédictions pleuvaient davantage dans cette petit maison e campagne. Deux ans s'écoulèrent ainisi, jusquà ce que Notre Prophète
soit sevré. Cette durée de deux ans de sevrage pour l'enfant est elle aussi confirmé par Alâh 'azawajal (cf plus haut, Sourate Baqara Verset 233) Il avait grandi plus vite que les autres petits, et avait atteint une belle corpulence pour ce jeune âge. Ce fut donc, pour Halima, le moment de rendre le Prophète
à sa mère. Elle se rendit donc à nouveau à La Mecque, et comme elle était devenu attaché à l'Enfant, elle essaya de convaincre Amina bint Wahb, la mère du Prophète
, de lui accorder un délai supplémentaire. Selon Ibn Ishâm rahimahouLlâh (1/ 162-164), Halima s'adressa en ces termes :


" Laisse-le chez moi, dis-je, jusqu'à ce qu'il devienne robuste, je crains pour lui, la peste de La Mecque."

Finalement, elle réussi à obtenir gain de cause, et retourna ainsi avec Notre Prophète
, alors âgé de 2 ans. C'est alors que la vie à la campagne reprit son cour. Le Prophète salla Llâhou 'aleyhi wa salam grandit jusqu'à atteindre l'âge de 4 ou 5 ans, lorsqu'un évènement pour le moins étrange et spectaculaire se produisit..

2) Une opération chirurgicale prodigieuse !

Alors que Halima avait laissé le Prophète
jouer avec ses pairs à l'extérieur, voilà que l'un des enfants courru vers sa mère en lui annonçant horrifié :


"Deux hommes vêtus de blanc, sont venus vers mon frère, le qureychite, ils l'ont mis par terre et lui ont ouvert la poitrine" (cf El-Bidâya Oua Ennihâya d'Ibn Kathir)

La scène à laquelle il venait d'assister n'était autre que l'évènement de l'ouverture de la poitrine du Prophète
.
Dès l'annonce des enfants, Halima retourna vers l'Enfant
le trouvant en bonne santé, seul son visage était très pâle. Elle le serra contre elle et lui demanda ce qui venait de se passer. Il
raconta :

"Deux homme habillé de blanc me saisirent, me couchèrent par terre, et m'ouvrire la poitrine pour y extraire je ne sais quoi."

Plus tard, bien après que Muhammed
reçut la révélation, Il
reviendra sur cet évènement pour expliquer ce qui lui était arrivé, que l'on retrouve dans le sahih Muslim (1/92) selon un hadith Sahih de Anâs Ibn Malik radhiAllâhou'anhou. Ce qui s'est passé, c'est qu'au moment où les enfants jouaient, apparu l'Ange Djibril (Gabriel, le roi des anges) et se saisit du Prophète
. S'en suivit une opération chirugicale prodigieuse où l'ange Djibril 'aleyhi salam ouvrit la poitrine du Prophète
retirant ainsi un caillot de sang en s'exclamant :


"Ceci représente l'emprise l'emprise de Satan sur toi."

Puis, il lava le cœur avec de l'eau de Zamzam dans un récipient en or, le replaça dans la poitrine, et remit tout dans l'ordre. "

Les anges recousirent la plaie, et Anâs Ibn Malik radhiAllâhou'anhou, qui est le rapporteur du hadith, témoigne avoir vu la cicatrice de cette opération sur le Prophète
.

Cet évènement inquiéta Halima, qui pensait qu'un mal venait de toucher l'enfant. C'est ainsi qu'elle retourna à La Mecque pour rendre l'enfant, prétextant que l'enfant avait acquis la robustesse nécessaire. Mais face à l'insistance de Amina pourquoi avoir changé d'avis, elle lui avoua tout ce qui venait de se passer. Amina bint Wahb posa interogea alors Halima en lui disant :

"Crains-tu les mauvais esprit pour notre enfant ? "

Elle répondit

"Oui"

Amina rétorqua alors :

" Par Allâh, le démon n'a aucune emprise sur lui ! Et par Allâh, mon fils que voici aura un avenir des plus considérables !". Elle ajouta : "Voulez-vous que je vous informe de ce que j'ai vu de sa part ?"
 

HAlima et Son mari répondit : "Oui"

Amina reprit :

"Lorsque je l'ai porté dans mon ventre, je n'ai jamais ressenti ce que ressentent les femmes enceintes et, en le portant, j'ai vu dans un rêve comme une lumière sortant de moi et lui illuminant les palais de Syrie. En le mettant au monde, il est sorti comme aucun nouveau-né sort, appuyé sur ses mains et les yeux levés vers le ciel. Laissez-le moi donc".
" Je prie Allâh l'unique de te protéger contre tout envieux."

B- A La Mecque, chez les gens de qureych

1) Le retour vers sa mère


C'est ainsi qu'Amina récupéra le Prophète
, et que Halima retourna seule à la campagne. Après la révélation, le Prophète
rendit hommage à sa famille d'accueil, en disant :


"Je suis le plus éloquent d'entre vous en arabe, je suis Qureychites et fut mis en nourrice chez les Bani Sa'id."

Il vanta ainsi les mérite des Bani Sa'id, à travers l'éducation qu'il a reçut d'eux, et de part 'éloquence qui lui a été enseigné.

Ainsi, le Prophète
retourna auprès de sa mère Amina Bint Wahb. Celle-ci décida un jour, par respect pour la mémoire de son défunt mari, 'AbdAllâh ibn 'AbAl Muttalib, de visiter sa tombe. Elle se mit donc en route pour accomplir ce voyage long de 500 km en compagnie de son garçon Muhammad
, de sa servante Umm Ayman, et de son beau père 'AbdAl muttalib (le grand père du Prophète
, celui qui avait redécouvert l'eau de Zamzam).




Elle demeura un mois à Médine puis reprit le chemin de retour vers La Mecque. Arrivée à un lieu appelée Al-Abwa', elle rendit l'âme. Le Prophète
, alors âgé de 6 ans, devint orphelin de père et de mère, et resta auprès de son grand père, 'AbdAl Muttalib.

2) Sous l'aile d'un grand père bienveillant.

Si vous jetez un coup d'oeil au chapitre précédent, vous verrez que la famille de 'AbdAl Muttalib était chargé de la Siqaya (approvisionnement en eau des pèlerins) et de la rifada (Approvisionnement en denrée alimentaire.) C'était donc une famille noble, mais paradoxalement, cette famille a toujours vécu pauvre. En effet, les services qu'ils devaient rendre les privaient de toutes richesses, face un des pèlerins toujours plus nombreux. C'était la rançon de l'honneur, et c'est ainsi que même s'il fut accueillit au sein d'une noble famille, le Prophète
a vécu pauvre. Et c'était là, une forme d'éducation de la part d'Allâh, pour notre Prophète
, pour qu'il sache ce que signifie la pauvreté. 'Abd Al Mutalib ramena le garçon à La Mecque. Sa compassion pour son petit fils augmenta au point qu'il fut avec lui d'une douceur que jamais il ne manifesta à aucun de ses enfants. La grande épreuve que venait de subir l'enfant (la mort de sa mère) rouvrit d'anciennes plaies. 'Abd Al-Mutalib ne le laissait jamais en proie à la solitude et le préférait même à ses propres fils. Ibn Hichâm a rapporté :

"Une couche était, chaque jour, étendue à l'ombre de la Ka'ba pour 'Abd Al-Mutalib. Ses enfants ne s'asseyaient jamais sur elle par respect pour leur père, mais Muhammed
, lui, s'asseyait dessus. Ses oncles le retiraient de là, mais lorsque 'Abd Al-Mutalib les voyait, il leur disait :


"Laissez mon petit fils. Je jure par Dieu, il occupera plus tard une position éminente."

Il le prenait près de lui, passait sa main sur son dos, et était toujours satisfait de ce que ce jeune enfant faisait. (Ibn Hichâm, 1/68; Talqîh Fuhum Ahl Al-Athar P.7)

Lorsque Muhammad
atteignit l'âge de huit ans, deux mois, et dix jours, son grand père 'Abd Al Mutalib mourut à La Mecque. Mais avant de mourir, il confia à son fils, Abu Talib, la garde de Muhammad
.


3) Le soutien d'un oncle bienfaiteur

Muhammad
vécut donc chez con oncle germain, qui s'acquitta de la meilleur manière possible de ses devoirs envers son neveu. Il l'éleva parmi ses propres enfants et le préféra même à ceux-ci. Il était avec lui d'une telle amabilité et lui vouait un respect qu'il ne réservait à aucun en dehors de lui. Pendant plus de 40 ans, Abû Tâlib apportera à son neveu soutien et protection, prenant toujours parti pour lui.

Ibn 'Asakir a rapporté d'après Jarhama fils de 'Arfata :

"Je m'étais rendu à La Mecque lors d'une année sans pluie, et les qureychites ont dit :


"Ô Abû Tâlib, la vallée est devenu aride et les enfants souffrent de la disette, prie Dieu pour qu'il fasse venir la pluie"

Abû Tâlib sortit alors en direction de la Ka'ba, accompagné d'un jeune garçon, aussi beau qu'un soleil couvert ayant déchiré le voile sombre des nuages, entouré de quelques enfants. Abû Tâlib fit adosser l'enfant au mur de la Ka'ba et ce dernier leva vers le ciel son doigt. Il n'y avait aucun nuage dans le ciel, pas même un petit cumulus. Mais soudain, des nuages surgirent de tous les horizons, se rassemblèrent, et la pluie tomba drue et toute la région se couvrit de verdure. (Mukhtasar Sirat Ar-Rassul, p15-16).



C'est ce à quoi fait allusion Abû Tâlib dans ces vers :


Par celui au bon visage pluie est demandée.
Protecteur des orphelins, défenseur des veuves.

De 8 à 21 ans, le Prophète
exerça la profession de berger. Il dit dans un hadith sahih :

"Il n'eût pas de Prophète qui n'êut fait profession de berger".

Les sahabas radhiaAllâhou'anhoum lui dirent :

"Même toi ô Envoyé d'Allâh ? "

"Même moi" répondit-il. Je gardais les moutons des quraychites moyennant quelques qiraat (c'est une somme d'argent).


C'est là un point important, car tout les Prophètes 'aleyim salam ont exercé cette profession. Cela fait partie de leur "formation", et ce, pour des raisons bien valables. En effet, le berger est dans une logique de retraite, lorsqu'il s'écarte loin pour faire paître son bétail. Il a le temps de méditer en regardant le ciel, les étoiles, et autres merveilles de la Création. Le berger peut ainsi admirer la miséricorde à travers les animaux. Il acquiert aussi la patience, et nous imaginons tous la patience requise pour diriger un troupeau de mouton, avec certains qui s'enfuient, qui vont à gauche ou à droite.. etc Autant de qualités qui sont enseigné à travers cette profession. Disons qu'un bon berger devient apte à diriger les hommes.

4) A la rencontre du moine Bahira...


La vie s'écoule donc tranquillement dans ce petit foyer. Abû Tâlib était un commerçant, et avait l'habitude de voyager pour affaire. C'est alors qu'un jour, alors âgé de douze ans, le Prophète
insista pour accompagner son oncle, qui s'apprêter à gagner la Syrie pour ses affaires.



Sur la route, ils firent halte devant un ermitage, occupé par un moine. Celui-ci était surnommé Bahira (mais son vrai nom était Georges) et était très réputé chez les chrétiens. En grand connaisseur de livres saint, il savait que c'était la période ou émergera un Prophète. Il avait donc prit l'habitude de scruter les lieux un peu partout. Celui-ci aperçut donc la caravane qui voyageait, et ô miracle, au dessus-d'eux, il remarqua un nuage qui les suivaient.



En parfait ermite, il s'était complètement coupé du monde. Il ne parlait à aucun étranger et voyait traverser les caravanes sans qu'il ne leur adresse la parole. Seulement après avoir vu ce signe, il alerta tous ses adeptes et ordonna de préparer un repas en l'honneur des voyageurs qui allaient devenir ses invités. Il les appela donc et leur offrit l'hospitalité. Ceux-ci acceptèrent, et se joignirent au repas. Au cours du repas, le moine les scruta du regard un par un. Il connaissait les signes de la prophétie, c'était un grand savants des Livres authentiques. Il cherchait donc le signe qui allait lui donner satisfaction, seulement, il ne trouva rien de particulier, et demanda s'il ne manquait pas quelqu'un parmi eux. Ceux-ci répondirent qu'effectivement, un enfant manquait à l'appel. Il gardait la caravane et les montures, lorsque l'un des invités s'exclama :


"Par Allâh, nous sommes des ignobles ! Laisser un enfant dehors pendant que nous mangeons tranquillement !"

C'est ainsi que le Prophète
se joignit également au repas, et s'assis à côté de Bahira, qui ne cessa de le questionner. Il commença son interrogatoire en invoquant les idoles de La Mecque, et s'adressa au Prophète
en ces termes :

"Je te conjure par le droit Lat et El'Uzza que ......"

Il n'avais pas eu le temps de finir sa phrase que notre Prophète
s'exclama et lui dit :

"Ne me demande rien par Lat et l'Uzza. Par Allâh, rien ne m'est plus détestable que ces idoles."

Il faut savoir que le moine était 100% chrétien, et il n'a juré au nom de ces idoles que pour agrandir son serment, sachant que les arabes qu'il avait en face de lui adoraient ces idoles (cf chapitre 1). Mais, avant même qu'il n'ait reçut la révélation, c'est à dire juste par la raison, le Prophète
réfutait ces fausses divinités. Jamais notre Prophète
a adoré une idole. C'est une protection de la part d'Allâh 'azawajal. Le moine le conjura alors par le droit d'Allâh de répondre aux questions, et le Prophète
accepta de poursuivre l'interrogatoire. Il l'interrogea sur tout, sur les rêves qu'il faisait...etc Il répondait exactement aux descriptions du futur Prophète établies dans tout la Thora et l'Evangile authentique. On sait d'ailleurs, que tout les Prophètes 'aleyhim ont consentis à l'engagement d'Allâh que si jamais l'un d'entre eux assiste à l'émergence de Muhammad
, le dernier des Prophètes 'aleyhim salam, à leur époque, ils se doivent de le soutenir. Tel était l'engagement des Prophètes 'aleyhim salam. La preuve se situe dans la sourate Al 'Imran, lorsqu'Allâh 'azawajal dit :

وَإِذْ أَخَذَ اللّهُ مِيثَاقَ النَّبِيِّيْنَ لَمَا آتَيْتُكُم مِّن كِتَابٍ وَحِكْمَةٍ ثُمَّ جَاءكُمْ رَسُولٌ مُّصَدِّقٌ لِّمَا مَعَكُمْ لَتُؤْمِنُنَّ بِهِ وَلَتَنصُرُنَّهُ قَالَ أَأَقْرَرْتُمْ وَأَخَذْتُمْ عَلَى ذَلِكُمْ إِصْرِي قَالُواْ أَقْرَرْنَا قَالَ فَاشْهَدُواْ وَأَنَاْ مَعَكُم مِّنَ الشَّاهِدِينَ
3.81. Wa-ith akhatha Allahu meethaqa alnnabiyyeena lama ataytukum min kitabin wahikmatin thumma jaakum rasoolun musaddiqun lima maAAakum latu/minunna bihi walatansurunnahu qala aaqrartum waakhathtum AAala thalikum isree qaloo aqrarna qala faishhadoo waana maAAakum mina alshshahideena
3.81. Et lorsqu'Allah prit cet engagement des prophètes : “Chaque fois que Je vous accorderai un Livre et de la Sagesse, et qu'ensuite un messager vous viendra confirmer ce qui est avec vous, vous devez croire en lui, et vous devrez lui porter secours.” Il leur dit : “Consentez-vous et acceptez-vous Mon pacte à cette condition ?” - “Nous consentons”, dirent-ils. “Soyez-en donc témoins, dit Allah. Et Me voici, avec vous, parmi les témoins .
3.81 . When Allah made ( His ) covenant with the Prophets , ( He said ) : Behold that which I have given you of the Scripture and knowledge . And afterward there will come unto you a messenger , confirming that which ye possess . Ye shall believe in him and ye shah help him . He said : Do ye agree , and will ye take up My burden ( which I lay upon you ) in this ( matter ) ?They answered : We agree . He said : Then bear ye witness . I will be a witness with you .

Les signes convergeaient donc tous vers la vérité de la prophétie, lorsque le moine, dans un ultime moment d'interrogation, demanda au Prophète
de lui montrer son dos, pour y voir dessus, le sceau de la prophétie. Le Prophète
s'exécuta, et lorsque Bahira vit le sceau de la Prophétie, il reconnut ainsi en cet enfant
, le futur Prophète. Les savants, s'appuyant sur de nombreux hadiths authentique, décrivent le sceau de la Prophétie sous la forme d'une empreinte petit et brune, tapissé de poils, ressemblant à la crête d'un poulet, et autour de cette trace, se trouvent des grains de beauté. Convaincus à cent pour cent, Il prit le Prophète
par la main s'adressa à Abû Tâlib en ces termes :


"C'est lui le maître des habitants de ce monde, celui que Dieu enverra comme miséricorde pour les univers."

Abû Tâlib lui demanda alors :

"Comment le sais-tu ?"

Il répondit :

"Lorsque vous êtes apparut venant de la direction d'Al 'Aqaba, il n'est resté aucune pierre, aucun arbre qui ne se prosternât. Cela ne peut se produire que lors de la présence d'un Prophète. Je l'ai reconnu également par le sceau de la Prophétie qui se trouve sous son épaule, et qui est semblable à une pomme. Sa description se trouve dans nos livre. "

Il demanda aussi à Abû Tâlib de ramener immédiatement son neveu à La Mecque et de ne pas le conduire en Syrie, parce que s'y trouvaient des juifs qui pourraient lui vouloir quelque mal. Abû Tâlib le fit raccompagner à La Mecque par ses serviteurs. (cf Rahheq makhtoum p 72).

Ainsi, le Prophète
à La Mecque. Il continua à mener sa vie de berger, en compagnie des gens de Qureyche. Il faut savoir qu'en plus de la protection d'Allâh 'azawajal contre l'adoration des idoles mecquoises, le Prophète
a été préservé des vaines occupations auxquelles vaquaient les mecquois de l'époque, à savoir les fêtes, les jeux, l'alcool, la danse et autres. Ainsi, d'après un hadith d'Ibn Al-Athîr, Muhammad
a dit :

"Je n'ai jamais essayé d'agir comme les gens de mon peuple, excepté à deux occasions, mais à chaque fois, Allâh s'interposa entre moi et ce que je voulais faire. Depuis, je n'ai plus eu de penchant pour les mauvaises coutumes. Une fois, alors que nous nous trouvions sur les hauteurs surplombant La Mecque, j'ai demandé à un berger de veiller sur mon troupeau. Je voulais en effet descendre en ville et me distraire comme les autres jeunes gens. Je m'arrêtai à la première maison où j'entendis de la musique. Je suis entré et j'ai demandé : "qu'est-ce que cela ?" Quelqu'un me répondit :

"Il s'agit d'une fête de mariage."

Je m'assis pour écouter, mais Allâh assourdit mes oreilles et seule la chaleur du soleil me réveilla le lendemain. Je suis alors revenu auprès de mon compagnon et je lui ai raconté ce qui m'étais arrivé. La même chose se produisit une seconde fois. Depuis, je n'ai plus jamais essayé d'agir de la sorte."

Remarque : C'est ainsi que nous pouvons nous interroger sur la légitimité des mariages actuels avec la musique et tout. Si notre Prophète
s'est évanoui en entrant dedans, qu'en est-il aujourd'hui ? Avec des chants qui ne font pas appel à l'Islam, et des instruments qui ne rentrent pas dans le cadre de la Shariah. Bien sûr qu'il y a des chants licites, na3am, mais ne nous voilons pas la face, et n'essayons pas d'extrapoler certains hadith et de tordre les textes, pour essayer de trouver une autorisation C'est navrant, alors que cet acte symbolise le début d'une vie nouvelle, beaucoup la commence en désobéissant à Allâh 'azawajal.


II) La guerre du Sacrilège et le Pacte d'Al-Fudul.

1) Lharb Fijar.

Pour en revenir au sujet, Muhammad
avait à peine 15 ans lorsque éclata la guerre dite du "sacrilège", lharb fijar.



Si vous rejetez un coup d'oeil au Chapitre 1, vous verrez que nous avions déjà évoqué cette guerre. Pour rappel, sachez que les arabes respectaient les mois sacré instaurés depuis Ibrahim
Il s'agissait de mois durant lesquelles il est interdit de combattre, mais seulement de se défendre. Or, c'est justement durant ces mois que la tribu de Qureych et la tribu de Kinâna se confrontèrent, raison pour laquelle cette guerre fut dénommée lharb fijar, littéralement, guerre du sacrilège. La tribu de Qays avait eu le dessus au début, mais Qureych, en position de défense, et leurs alliés finirent par la vaincre. Le Prophète
prit part à cette guerre, se limitant à préparer des flèches pour les siens. (Ibn Hichâm 1/183-187; Qalbu Jazîrat Al-'Arab P.260 ; Raheeq Makhtoum P.73)

Ainsi, cela constitue une éducation supplémentaire pour le Prophète
en tant qu'homme combattant. C'est ainsi que se prépare notre Prophète
à la grande mission.

2) L'alliance d'Al-Fudul.

Lorsque la guerre du sacrilège prit fin, et que la paix fut instauré, les gens ressentirent le besoin de fonder une confédération à La Mecque afin d'enrayer la violence et l'injustice, et de faire valoir les droits des faibles et des démunis. Les représentants des Beni Hichâm, des Bani Al-Mutalib, des Asad fils de 'Abd El'uzza, des Zuhra fils de Kilâb et des Taym fils de Murra furent convoqués pour se rencontrer dans la demeure d'un honorable vieil homme nommée 'AbdAllâh fils de Jzad'an At-Taymi afin de poser les fondements d'une confédération qui répondrait aux objectifs sus-cités. Le Messager d'Allâh
participa à ce pacte amors qu'il avait 20 ans. Peu après qu'il eut l'honneur d'assumer la responsabilité de la Prophétie, dit à propos de ce pacte :

"J'ai assisté, dans la maison de 'AbduLlâh fils de Jad'ân, à la conclusion d'un pacte. Je n'échangerai pas la part que j'y ai prise contre un troupeau de chameaux rouges. Et si on me demandait, maintenant, en Islam, d'y prendre part, je répondrait favorablement."

C'était une sorte de police municipale si vous voulez. Sachez par ailleurs que l'esprit qui animait ce pacte s'opposait au zèle de l'époque de l'ignorance (djahiliya) procédant de l'esprit de clan ('asabiyya). L'incident qui conduisit à sa réalisation est le suivant : un homme du clan des Zubayd vint à La Mecque où il vendit quelques marchandises à Al-Âs fils de Wâ'il As-Sahmî (le père du célèbre sahaba (compagnon) 'Amr Ibn Al-Âs radhiAllâhou'anhou). Ce dernier refusa de s'acquitter du montant de ses achats. Le vendeur sollicita alors l'aide des Confédérés. ('Abd Ad-Dâr, Makhzûm, Jumah, Sahn et 'Adiyy], mais ils ne prêtèrent pas attention à sa plainte. Il se rendit alors au sommet de la colline d'Abû Qubays et déclama, à haute voix, des vers dans lesquels il exposa ses doléances. Ezzubir Ibn 'Abd-El Mutalib, un anicen oncle du Prophète
, se leva alors et dit :


"Cette injustice ne doit pas être acceptée!"

C'est alors que les clans cités plus haut (les Bani Hâchim, les Bani Al-Mutalib, les Asad fils de 'Abd El-Uzza, les Zuhra fils de Kilab et les Tayn fils de Murra) fondèrent le pacte du Fudul et aidèrent le Zubaydite à recouvrer ses droits.

C'est alors que le pacte fut conclu, durant un mois sacré, celui de Dul El-Qa'da. Comme on l'a déjà dit, à l'issue de ce pacte, ils décidèrent d'être comme une seule main avec la victime d'un abus jusqu'à ce qu'elle recouvre son droit et de s'entraider dans la vie.

La nouvelle alliance allèrent directement voir El-Âss Ibn Waïl, lui prirent les marchandises de l'homme de Zubayd et les restituèrent à ce dernier. c'est important de remarquer que El-Âss était tout de même un grand chef de La mecque, mais que malgré cela, les arabes ne se laissèrent pas corrompre. Bien que de l'aveu générale, les tares étaient omniprésent chez les arabes, rien ne pouvait les arrêter (hormis Allâh bien sûr) quand il s'agissait de défendre un honneur.

Autant vous dire aussi qu'il se sont investi à fond dans cette mission de protéger la justice. ils formaient une ligue de héros de la justice, mieux que superman ! El-Qaçem Ibn Thaâbet a rapporté dans son livre "Dharîb El-Hadith" qu'un homme de Khat'am arriva à la mecque pour faire le grand ou le petit pèlerinage païen, avec lui une de ses filles appelée El-Qatoûl, d'une très grande beauté. Nabîh Ibn El-Hadjjâj lui prit sa fille et la cacha dans un endroit secret. El-Khat'amî s'exclama alors :

"Qui peut m'assister contre cet homme ?"

On lui dit :

"Va voir les gens du pacte d'Al Fudul."

Il alla donc devant la kaaba et se mit à crier :

"A moi les gens du pacte d'Al-Fudul !"

C'est alors que les gens accoururent à lui de tous cotés, l'épée à la main. ils lui dirent :

"Les secours arrivent à toi; qu'as-tu ?"

Il leur répondit :

"Nabîh a kidnappé ma fille et me l'a prise par un abus de pouvoir !"

Ils partirent avec lui jusqu'à la maison de Nabîh et appelèrent ce dernier. Lorsqu'il sortit vers eux, ils lui dirent :

"Malheur à toi, ramène la fille ici ! Tu sais qui nous sommes et ce que nous avons conclu comme pacte !"

Il leur répondit :

"Je vais le faire, mais laissez-moi passer une nuit avec elle"

Ils lui dirent "non par Allâh, tu n'auras rien !"

Et puis dernière chose; En vérité, les mecquois n'ont rien inventé, car ce pacte ressemble à s'y méprendre à un pacte conclu par la tribu de Zhurhum (C'est la tribu qui accueillit hajar, la femme d'Ibrahim 'aleyhi salam) concernant l'assistance de l'opprimé contre son opprésseur. Ce sont trois personnes, qui s'appelaient tous El-Fadhl (El-Fadhl Ibn Fudhâla, El-Fadhl Ibn wada'a et El-Fadhl Ibn El-harith). C'est donc pour cela qu'on dit pacte D'AL-FUDHUL  (littréalement, pacte des fadhl) selon Ibn Qutaïba rahimahouLlâh.

Quand à essuhaïli et d'autres rahimahoumLlâh, ils rapportent les noms de d'El-Fadhl Ibn Chourâ'a, El-Fadhl Ibn Bidhâ'a et El-Fadhl Ibn Qudhâfa.


Une autre version veut que l'origine de cette appellation est dû à la signification du mot Fudul, qui voudrait dire "rendre le droit".

Cette alliance perdurera durant la djahiliya et durant l'Islam. Bien qu'elle soit mis en place par des mécérants, le principe de justice et d'équité qui était valorisé dans ce pacte a fait qu'il a survécu et perdurer. Même après la mort du Prophète salla Llâhou 'aleyhi wa salam, ce pacte existait, si bien que d'après Ibn Ishaq rahimaHouLlâh, il y eût un jour litige  financierentre El-Houssayn Ibn 'Ali radhiaAllâhou'anhou et El-Walid Ibn 'Outba Ibn Abî Soufyâne (alors gouverneur de Médine). El-Houssayn accusait El-Walid de l'avoir lésé dans ses droits. il lui dit :

"Je jure par Allâh que tu me rendras mes droits ou je prendrais mon épée et me rendrai dans la mosquée du Prophète
d'où j'appellerai les gens au pacte d'El-Foudhoul !"

En entendant cela, 'AbdAllâh Ibn Zoubayr radhiaAllâhou 'anhou, le célèbre sahabi, qui se trouvait chez El-Walid dit :

"Moi aussi, je jure par Allâh que s'il appelait à ce pacte, je prendrai, moi aussi, mon épée, et je l'assisterais jusqu'à ce qu'il puisse restituer ses droits ou nous mourrons tous !"

Même propos tenus par El-Miswar Ibn Makhrama Ibn Noûfal Ezzuhri et par 'AbdEr-Rahmâne Ibn 'Uthmâne Ibn 'UbayduLlâh Ettaïmi.

Lorsque Walid entendit cela, il restitua à El-houssayn ses droits jusqu'à ce qu'il en fut satisfait.

Il s'agit donc d'un pacte qui était avant la venue de l'Islam, et à perdurer après.


III) Le Mariage avec Khadija bint Khuwalid radhiaAllâhou'anha.

1) Une perle rare à La Mecque

A l'âge de 25 ans, le Prophète salla Llâhou 'aleyhi wa salam se rendit en Syrie comme comerçant pour le compte d'une femme, qui s'appelait Khadija bint Khuwaylid radhiaAllâhou'anha, une pure qureychite. C'était une femme très riche, et certaines versions rapportent que son commerce valait à lui seul tous les commerces qureychites. D'après Ibn Ishaq rahimahouLlâh, c'était une femme riche et noble. Elle louait les services d'hommes pour faire le commerce à sa place, leur réservant une partie des bénéfices. C'était une femme, et elle pouvait pas vérifier tout son commerce à elle seule, elle avait donc besoin de personnes de confiance. Lorsqu'elle entendit parler de la sincérité, de la probité et de la haute moralité du Prophète
elle le fit venir et lui proposa de diriger une caravane qu'elle voulait expédier en Syrie. Elle lui offrit, pour ce travail, plus d'argent qu'elle n'avait l'habitude de faire avec les autres commerçants. Acceptant cette mission, le Prophète salla Llâhou 'aleyhi wa salam partit en compagnie de Maysara, l'esclave de Khadija radhiaAllâhou'anha. ( Mukhtasar Sirat Ar-Rasûl.)



Là, Maysara fut émerveillé par le comportement de Muhammad
. D'ordinaire, les esclaves étaient malmenés par les commerçants, et Maysara avait l'habitude d'être traité avec rudesse et méchanceté. Mais son voyage avec Muhammad
, il ne l'oublia pas, surtout lorsqu'ô miracle, il se rendit compte qu'un nuage les suivait et les couvrait du soleil. De plus, notre Prophète
était de toutes douceur et de tout respect envers lui, ce qui tranchait avec les habitudes de l'époque. Souvenez-vous que ce n'était pas la première fois que le Prophète
faisait le voyage jusqu'en Syrie, il l'avait déjà fait en compagnie de son oncle, et avait même croisé de moine Buhaira. Justement, au cours de son seconde voyage avec Maysara cette fois-ci, le Prophète salla Llâhou 'aleyhi wa salam fit halte au même endroit, c'est à dire devant l'ermitage du moine. Néanmoins, celui-ci était mort à l'époque. Le Prophète salla Llâhou 'aleyhi wa salam se posa donc à l'ombre d'un arbre, pas loin de l'ermitage, quand un moine s'approcha et demanda à Maysara l'identité de son compagnon, et lui posa aussi beaucoup d'autres questions. Etonné par cette intérrogatoire, Maysara ne comprenait pas ce que cherchait vérritablement le moine, lorsque celui-ci s'exclama :

"Par Dieu, nul ne prit repos sous cet arbre si ce n'est un Prophète".



Le moine connaissait les signes qui sont décris dans les livres saints et continuaient à scruter les lieux, comme le faisait Bahira. Arrivé en Syrie, Maysara fut de nouveaux surpris par la générosité de son compagnon, et son comportement dans le commerce. En effet, d'habitude, les gens de quereych vendait leurs marchandises puis ramenaient l'argent, alors que le Prophète
n'a pas fait ça. En effet, sur place, il réinvestit le bénéfice dans l'achat de marchandises syrienne, qu'il revendit dès son retour à La Mecque, récoltant ainsi, deux fois plus d'argent.

Lorsque Le Prophète salla Llâhou 'aleyhi wa salam fut de retour à La Mecque, Khadija radhiaAllâhou'anha remarqua que les bénéfices matériels de ce voyage étaient plus important qu' habituellement. Son serviteur, Maysara, lui parla des belles qualités, de l'esprit pondéré, de la sincérité et de l'honnêteté de Muhammad
. Khadija, qui avait jusqu'à lors, repoussé les avances pour le mariage que lui avaient fait les seigneurs de La Mecque, sut que Muhammad
était l'homme qu'elle cherchait.

2) L'annonce du mariage

Elle fit part à son ami Nafisa, fille de Maniyya, de son désir de se marier avec Muhammad salla Llâhou'aleyhi wa salam, Celle-ci se rendit immédiatement chez le Prophète
et lui annonça la bonne nouvelle.


Remarque : On sait qu'au début, le Prophète
a vécu pauvre. On sait qu'il a apprit l'éloquence chez les Beni Sa'd. On sait qu'il a vécu au sein d'une famille noble. On sait qu'il a été berger. On sait qu'il a été combattant. Et maintenant, le voilà commerçant, autrement dit, son parcours a fait qu'il a traversé toutes les castes de la sociétés, il connaît ainsi toutes les expériences et sait ce que chacun endure au quotidien. Cela aussi fait partie, de l'éducation du Prophète
. Tout cela le préparait dans sa future mission.


Le Prophète
accepta la proposition et s'en ouvrit à ses oncles qui demandèrent la main de Khadijâ à son oncle. Deux mois après son retour de Syrie, le mariage fut conclu en présence des Beni Hachim et des chefs des Mudar. La dot fut fixé à 20 jeunes chamelles. Khadijâ était alors âgé de 40 ans,et était considéré comme étant la femme la plus éminente du point de vue de son lignage, de sa richesse et de sa sagesse. Elle fut la première épouse du Prophète
, et jusqu'à sa mort, celui-ci ne prit aucune femme. ( Fih As-Sira P59, Ibn Hichâm 1/189, Talqîh Fuhum Ahl Al-Athar P.7, Raheeq makhtoum P75)


Remarque: Il s'agit là d'une réponse clair aux calominateurs et aux détracteurs de l'Islam qui accusent notre Prophète
d'avoir été un homme avide de femme. Si cela était vrai, le Prophète
aurait été polygame alors qu'il était jeune. Or, le Prophète
est resté pendant 25 ans, avec la même femme, et s'est ensuite remarié au dela de ses 50 ans. Et de plus, comme nous le verrons plus tard inchaAllâh, chacun de ses mariages avait un enjeu précis. Par exemple, le mariage avec 'Aîsha radhiaAllâhou'anha avait pour but de rapprocher 'Abu Bakr radhiaAllâhou'anhou (Compagnon du Prophète salla Llâhou'aleyhi wa salam, et 1er calife de l'Islam), pareil pour Hafsaa dont le père, 'Umar IBn Al Khattab radhiaAllâhou'anhou sera élu second Calife. Ou bien encore, son mariage avec Umm salam, qui était une femme âgée qui n'avait plus personne pour s'occuper d'elle, ou bien encore son mariage avec Zaineb Bint Jahsh qui avait pour enjeu l'éradication de la coûtume de l'adoption par filiation, ou bien pour avoir un lien de parenté avec une tribu pour qu'elle rentre en islam..etc Il y a beaucoup de raisons à ces mariages, que nous étudieront inchaAllâh.


Tous les enfants du Messager d'Allâh
furent mis au monde par Khadijâ, hormis Ibrâhim (qui est le fils de Maria la copte radhiaAllâhou'anhna, et dont le Prophète
a dit qu'un e nourrice complètait son allaitement au Paradis). Le premier de ses enfants fut Al Qasim, d'où le surnom du Prophète
: Abou lQasim. Al Qâsim est mort avant la venue de l'Islam. Ensuite naquirent Zaineb, Ruqayya, Umma Kulthûm, Fâtima et 'AbdAllâh qui fut appelé At-Tayyib (le bon) et At-Tâhir (le pur). Tous ses fils moururent et toutes ses filles, exceptée Fâtima moururent de son vivant. Fâtima mourut six mois après son père. Toutes ses filles embrassèrent l'Islam et émigrèrent à Médine, radhiaAlâhou'anhoum. (Ibn Hichâm 1/190-191, Fath Al-Bârî 7/507, Raheeq makhtoum p 76)


Le Prophète
vécu donc au coté de Khadijâ, et était devenu commerçant. A l'âge de 35 ans, un évènement important eu lieu.

IV) La reconstruction de la Ka'ba

1°) Un chantier ambitieux

Souvenez vous que la Ka'ba était maintenant vénérée par les idolâtres qui y avait placé des centaines de statues (cf chapitre 1). En effet, depuis l'époque d'Ismaël 'aleyhi salam, la Ka'ba était une batisse en pierre qui ne faisait pas plus de 6 mètres 30 de haut. De plus, elle n'avait pas de toit, ce qui rendait les trésors qui s'y trouvaient particulièrement vulnérable au vol. Elle était également exposée à l'action corrosive des éléments naturels, du fait de son ancienneté, ce qui l'affaiblissait. Cinq ans avant le début de la mission prophétique de Muhammed
, une pluie torrentielle s'abbatit sur sur La Mecque, au point qu'elle faillit démolir les murs de la ka'ba.

En effet, Buhari rahimahouLlâh rapporte dans son sahih que Hazn a dit :

" Il y eut une innondation, avant l'Islam, qui couvrit tout l'espace qui sépare les deux montagnes de La Mecque." Et selon Sufyân, 'Amr Ibn Dînâr ajouta :"Cet évènement eut une importance considérable." Sahih Bukhari N° 3833




Une autre version affirme qu'une femme avait l'habitude de parfumer la kiswa (tissus noir qui recouvre la Ka'ba) lorsque soudain, une étincelle jaillit embrasant ainsi tout l'édifice. Contraint de la rénover, pour lui consevrer son statue, les qureychites se réunirent dans la Maison de Nadwa (parlement local) et entreprirent de reconstruire la ka'ba.
Le problème, c'est que les matériaux nécéssaire pour rebâtir la Ka'ba était la pierre et le bois, or les qureyhites ne savaient pas du tout manier ces matériaux, qu'ils ne possédaient d'ailleurs pas.. Leurs spécialités, c'était l'argile, et c'est avec l'argile qu'ils avaient l'habitude de construire leurs maisons. Miraculeusement, Allâh 'azawajal a voulut qu'à ce moment là, un bateau romain qui transportait du bois fasse naufrage à Jada, ici :



C'est alors que les qureychites rammassèrent toutes les planches de bois. C'était donc une première étape de franchie, on avait le matériel, ne manquait plus que l'ouvrier. C'est alors que quelques jours plus tard, un vendeur d'esclave fit son apparition et vendit un esclave copte (égyptien), et devinez quoi, cet esclave était justement réputé charpentier expériementé en plus. C'était donc une deuxième facilité pour les mecquois qui possèdaient maintenant toutes les cartes en main. Ils décidèrent alors, pour financer le chantier, de n'utiliser que de l'argent licite, excluant ainsi l'argent impur provenant de la prostitution, de l'usure ou des pratiques injustes. On remarque qu'avant même la révélation, les arabes savaient distinguer le haram du halal, simplement par la raison. Cela est aussi une réponse aux calomniateurs qui prétendent que la religion et la raison sont incompatibles. Ca y est, ils étaient donc fin prêts à commencer le chantier, lorsque arrivé devant la Ka'ba, il y eut un blocage total. En effet, les qureychites furent d'abord remplis de crainte à l'idée de faire tombé les murs de la Ka'ba. Ils se sont souvenue de ce qui s'était produit il y a 35 ans lorsque Abraha, général abyssin, avait voulu détruire la Ka'ba (cf l'histoire de l'éléphant chap 1). C'est alors que Walid Ibn Al-Mughira entreprit la démolition. Il pensait que les siens allaient tout de suite le suivre, mais les gens lui ont dit qu'ils préféraient attendrent quelques temps pour voir si "tout se passe bien" et que Walid reste en pleine santé. C'est alors qu'il commençea seul avec ses enfants. Dès qu'ils virent que rien ne se produisait, les gens furent rassurés et l'ont aidé dans les travaux. Tout le monde participa à cela, et même le Prophète
Durant ces travaux, il transportait des pierres lorsqu'on lui conseillla de retirer son vêtement (izar) et de le mettre sur son épaule pour amortir le poid de la pierre. La suite de l'histoire nous est conté dans le hadith suivant :


Jâbir Ibn 'AbdAllâh radhiaAllâhou'anhoum lui et son père, a dit :

"Lorsque la Ka'ba fut reconstruite, le prophète salla llâhou'aleyhi wa salam et 'Abbâs se mirent à transporter des pierres. "Mets ton izâr (ton pagne) sur ton cou, dit 'Abbâs au Prophète salla llâhou'aleyhi wa salam, cela te garantira (les épaules) des pierres. A ce moment, le Prophète salla llâhou'aleyhi wa salam tomba sur le sol, les yeux fixes dirigés vers le ciel. Bientôt il revint à lui et s'écria : Mon izâr ! mon izâr ! Et 'Abbâs lui fixa son izâr (à la ceinture)."
Sahih Bukhari hadith N° 3829

C'est donc une nouvelle protection d'Allâh 'azawajal envers son Messager
. Il faut savoir que la nudité était une habitude courante chez les mecquois, mais Allâh 'azawajal était là pour protéger Son Prophète
, de même qu'il le fit pour l'empêcher de vaquer aux vaines distractions des mecquois de l'époque, lorsqu'il le fit évanouir devant la salle de mariage.


Les qureychites continuèrent à démolir jusqu'à atteindre les fondations établies par Ibrahim
. Ils aperçurent des pierres verdâtres semblables à des bosse de chameaux. C'étaient des pierres enchevêtrés les unes sur les autres. Ce sont des pierres miraculeuses. Une personne s'est muni d'une barre pour extaire l'une de ces pierres lorsq'une lumière jaillit éblouissant la personne à tel point que la barre tomba de ses mains et qu'il faillit devenir aveugle. Là, ils ont compris qu'ils ne devaient plus creuser au dela de cette limite, et décidèrent d'élever les murs par dessus les pierres verdâtres. Lorsqu'ils engagèrent la reconstruction de ses murs, le travail fut réparti entre les tribus qui en construisirent chacune une partie. L'homme qui posait les pierres était un constructeur romain qui s'appelait Bâqûn.
Les travaux reprirent donc de plus belle, jusqu'à ce que l'argent hallal commença à manquer, alors qu'il restait le Hatim à couvrir.
Le Hatim, ou Hijr Ismaêl, c'est l'arc de cerle qui se trouve juste devant la Ka'ba, et que voici en photo, encerclé en bleu :




Il faut savoir qu'à l'époque d'Ibrahim
, le hijr était situé à l'intérieur même de la Ka'ba, qui était à l'époque plus large mais moins haute qu'aujourd'hui. La Ka'ba d'aujourd'hui est donc assez différente de ce qu'elle était à l'époque d'Ibrahim
Les qureychites furent donc confrontés à un dilême : soit ils continuent la reconstruction de la Ka'ba de telle façon qu'elle recouvre ce hijr, mais en utilisant de l'argent haram, ou bien ils continuaient le chantier avec ce qui leur restait d'argent hallal, abandonnant ainsi le Hijr à l'extérieur de la Ka'ba, et en la surélevant un peu. C'est cette seconde option qui fut privilégié.

Remarque : Ainsi si vous voulez, la ka'ba a perdu de son authenticité à ce moment là, puisque ce n'était plus exactement la même qu'avant. Lorsque les musulmans conquérirent La Mecque, Le Prophète
laissera la construction tellle quelle, c'est à dire avec le hijr à l'extérieur, malgré qu'il s'agisse là d'une innovation. Le Prophète
aurait préféré reconstruire une nouvelle fois la Ka'ba telle qu'elle était à l'époque, mais il se résolu à ne pas agir, et la justification de ce choix nous est donné par ce hadith :

" 'Aïsha radhiaAllâhou'anha rapporte que la Prophète salla llâhou 'aleyhi wa salam lui dit : "Ô 'Aïsha, si tes concitoyens n'étaient pas si rapprochés de l'époque du paganisme, j'aurais donné l'ordre de démolir la Maison, j'y aurais fait entrer (tout) ce qui est resté en dehors et je l'aurais mis au niveau du sol. J'y aurais mis deux portes : une à l'est, l'autre à l'ouest. Enfin, j'aurais exactement suivis les fondations d'Ibrahim." Sahih Bukhari N° 1586

Il y avait donc un risque que les mecquois fraîchement convertis voit en la reconstruction de la ka'ba une atteinte à leur dignité, à leur honneur, et qu'au final, tout le monde renient l'Islam pour ces questions là. C'est donc une règle importante à retenir en Islam. Si une action visant à éradiquer un mal (l'innovation des qureychites) entraîne un mal encore plus grand (apostasie des qureychites), l'action doit être prohibé.

Tout se passa harmonieusement jusqu'au moment où il fallut insérer la pierre Noire dans l'édifice. ..

2) La menace d'une guerre imminente entre les qureychites

C'est alors qu'une dispute éclata entre les chefs, qui devait durer 4 ou 5 jours, chacun voulant s'arroger l'honneur de remettre à sa place la Pierre Noire.


Remarque: La Pierre Noire.

Pour nous musulmans, bien que la pierre Noire soit descendue du ciel (au début elle était blanche, mais s'assombrit par à causes du nombre de pèlerin chargé de péché qui sont venus la toucher ou l'embrasser), son statut dans notre 'aqida (croyance) se résume bien à travers le hadith suivant rapporté par Bukhari rahimahoullâh :

"Aslam rapporte que 'Umar Ibn Al-Khattâb radhiaAllâhou'anhou a dit à la pierre noire : "Par Dieu ! ne sais-je pas bien que tu n'es qu'une pierre, ne pouvant ni nuire ni être utile. Si je n'avais vu le Prophète salla Llâhou 'aleyhi wa salam te toucher, je ne t'aurais jamais touchée. 'Umar toucha la pierre, puis il dit : Qu'avons nous à faire maintenant de l'allure précipitée , Nous ne voulions seulement faire une démonstration devant les associants que Dieu a anéantis. il ajouta toutefois : Une chose que le Prophète salla Llâhou 'aleyhi wa salam a pratiquée, nous ne voulons pas cesser de la faire." Sahih Bukhari hadith N° 1605

Cela veut simplement dire que la pierre noire n'est pas une divinité comme le croient certaines personnes. Si on l'embrasse ou si on la touche, ce n'est que parceque le Prophète
l'a fait, elle n'a nullement valeur de divinités à nos yeux, car chez nous, il n'y a d'autre divinité qu'Allâh 'azwajal. Les accusations des détracteurs de l'Islam selon lesquelles la pierre noire est une idole est fausse.




Souvenez vous,nous avons déjà évoquer dans le chapitre 1 la mentalité des arabes de l'époque. Tout était question d'honneur, c'était le centre de leurs intérêts. Si vous voulez vraiment comprendre la mentalité des arabes de l'époque, n'oubliez pas que quand il s'agit d'honneur, ils sont prêts à mourir pour cela. Cet aspect de leur vie, bien que trop exacerbée, était bénéfique pour la naissance d'une nouvelle religion. En effet, une religion naissante, pour qu'elle soit admise, a besoin de gens qui sont prêts à tout pour la défendre. Et le comprtement des compagnons radhiaAllâhou'anhoum ira dans ce sens, pensez à 'Umar Ibn Al-Khattâb ou à Hamza radhiaAllâhou'anhoum, qui incarnent l'honneur de l'Islam. Prets à mourir pour l'honneur de mettre la pierre noire, mais plus tard, prêts à mourir pour l'honneur d'être musulman, et comme le dit un hadith (entre autre, sahih Bukhari N° 3588) , le meilleur d'entre les gens de la djahiliya (période anté-islamique) seront les meilleurs en Islam. Revenons donc à La Mecque où une effusion de sang semblait iminente. La tension était à son comble; Pour montrer leur obstination, les béni 'Abd Dar, tribu de La Mecque à laquelle faiisait partie Le Prophète
ont apporté une bassine de sang, pour signifier qu''ils étaient prêts à faire couler le sang si le privilège de lplacer la pierre noire ne leur était pas revenu. Tout les autres clans firent de même, une guerre tribal s'apprêtait à éclater.

3) Une bataille empêchée par la sagesse du Prophète


Heureusement le plus âgé des chefs, Abû Umayya ibn Al Mughîra Al_Makhzumi fit une proposition qui fut accepté par tous; il dit :


"Laissons le premier qui entrera dans ce sanctuaire trancher la question."

Dieu voulut que ce soit Muhammad salla llâhou 'aleyhi wa salam. En l'apercevant, tous les présents s'écrièrent d'une même voix :


"Voici Al-Amîn (le digne de confiance). Nous l'agréons comme arbitre"

Il fit venir un manteau qu'il étala sur le sol et plaça la pierre Noire en son centre. Il demanda ensuite aux représentants des différents clans de saisir et de soulever l'ensemble du manteau. Lorsque le manteau fut à la hauteur de l'endroit voulu, Muhammad
inséra de ses propres mains la pierre Noire dans son emplacement. Ainsi la crise fut-elle désamorcée et un grave danger évité par la sagesse du Prophète
. Pour la petite histoire, sachez que la pierre Noire demeura dans la Ka'ba jusqu'à l'émergence des Karmates. C'était une secte qui fit son appariton en l'an 278 après l'hégire, et propagea des croyances contraires à la sounna, comme l'instauraion des 50 prières obligatoires. ibn Kathîr rahimahouLlâh nous apprend qu'en l'an 317, ils infiltrèrent La Mecque, dérobèrent la pierre Noire, firent couler le sang des pèlerins, et la gardèrent jusqu'en l'an 339, soit prêts de 22 ans, pour l'abriter dans une seconde Ka'ba qu'ils avaient construits au Bahreîn. Lhamdoulillâh, les musulmans sunnites réussirent à la récupérer 22 ans après mais celle-ci s'étaient cassée et morcelées en petits morçeaux. C'est la raison pour laquelle actuellement, en l'an 2008, la pierre Noire est un ensemble de granules maintenues par une pâte qui sert de ciment.




Après cet évènement, la vie repris son cours normal. Le Prophète
commençait à prendre gout à la retraite spirituelle. Les contemplations auxquelles se livrait le prophète Muhammed
creusèrent le fossé qui le séparait de son peuple. Lorsqu'il eût presque la quarantaine, il prit goût à l'esseulement; Il se rendait à la grotte de Hirâ, sur le mont d'An-Nûr (la lumière), muni pour toute provision de
îq (bouillie à base d'orge) et d'eau. Dans ce lieu long de 4 coudées et large de presque deux coudées, situé à presque 2 km et demi de La Mecque, (pour la voir en photo, ch chapitre suivant inchaAllâh)  il passait le mois du Ramadan . Il partageait sa nourriture avec les nécessiteux qui venaient le voir et se consacrait à l'adoration et à la méditation sur l'univers et la puissance créatrice qui l'avait tiré du néant; L'associationnisme de son peuple et les conceptions fausses que celui-ci se faisait de la vie et de la divinité ne pouvaient apaiser son cœur. Il n'avait cependant devant lui ni voie claire ni méthode précise ni direction droite qu'il agréerait et qui lui redonneraient confiance. Cette solitude procédait de l'ordre d'Allâh qui, préparait son Envoyé aux lourdes responsabilités qu'il devait plus tard assumer. Le retrait et le détachement momentané vis-à-vis des préoccupations, du tumulte de la vie et des petits soucis des hommes sont nécessaires à tout esprit dont la destinée est de réformer la société humaine.


Cette intense et riche expérience spirituelle dura 3 anées. Le ramadan venu, le Prophète
se trouvait seul face à lui-même, libéré des contingences matérielles de l'existence et réfléchissant sur l'univers invisible qui dirige le monde des humains. Il était fin prêt à recevoir le faix du Message divin. Il en fut ainsi jusqu'à l'instant déterminé par Allâh 'azawajal, qui transformera à tout jamais, la vie de Muhammad
, ce fut bien évidemment ,l'instant de La Révalation, que nous étudierons inchaAllâh en détail, pendant ce mois qui approche......



"Allahumma salli 'ala (Sayydina) Muhammad wa 'ala âli (Sayyidina) Muhammad kamâ sallayta 'ala (Sayyidina) Ibrâhîm wa 'ala âli (Sayyidina) Ibrâhîm.
Wa bârik 'ala (Sayydina) Muhammad wa 'ala âli (Sayyidina) Muhammad kamâ barakta 'ala (Sayyidina) Ibrâhîm wa 'ala âli (Sayyidina) Ibrâhîm fil 'alamin. Innaka Hamîdun-Majîd. "

"Ô Allâh ! Prie sur Muhammad et sur la famille de Muhammad comme Tu as prié sur Ibrahim et la famille d'Ibrahim.
Bénis Muhammad et la famille de Muhammad comme Tu as béni Ibrahim et la famille d'Ibrahim parmi les mondes. Tu es Digne d'éloges, Le Glorieux Suprême. »


PS : L'administrateur du forum, qu'Allâh le récompense (amine) a ouvert une nouvelle sous rubrique intitulé "Sira du Prophète" dans la rubrique "Muhammed salla Llâhou 'aleyhi wa salam"; Ainsi, je posterai toute la suite sur cette sous rubrique inchaAllâh, comme ça si vous voulez relire un truc, ce sera plus facile de s'y retrouver.
           

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Dernière édition par Badr7 le 01/05/2009 13:02:04; édité 2 fois
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MessagePosté le: 30/08/2008 21:17:10    Sujet du message: Publicité
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Sih
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MessagePosté le: 21/04/2009 00:32:09    Sujet du message: Muhammad Salla Llâhou 'aleyhi wa salam : Chapitre 2 Répondre en citant
:bismillah!

Encore merci pour ton travail.
:Jazak Allahou Kheyran:
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Badr7
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MessagePosté le: 21/04/2009 18:59:31    Sujet du message: Muhammad Salla Llâhou 'aleyhi wa salam : Chapitre 2 Répondre en citant
salâmou^alaykoum wa rahmatoulahi barakatouh

Wa anti min ahli el jeza wa min ahli al-jenna. amine

A ton service oukhti Sih ! Ca fait plaisir de voir des gens s'intéresser à la vie du Prophète machaAllâh, qu'Allâh vous comble de benfaits, toutes celles et ceux qui s'interrèsse à la Sira (biographie) du Prophète saw . amine.

Et je suis sûr que celui ou celle qui connaîtra la vie du Prophète saw , en sortira grandi(e).

C'est tellement important de connaître l'histoire du Prophète saw ... Surtout à notre époque où beaucoup tentent de s'en prendre à l'image de Notre Bien aimé saw . Et la meilleure arme pour leur montrer leur tort, c'est la connaissance.

Qu'Allâh te préserve Sih. amine
 

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Sih
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MessagePosté le: 22/04/2009 00:14:39    Sujet du message: Muhammad Salla Llâhou 'aleyhi wa salam : Chapitre 2 Répondre en citant
Amiiine ya Rabb la3lamine. Je suis tout à fait d'accord avec toi mon frère, en plus la Sira de notre Prophète saw est tellement belle et pleine de sagesse... Macha'Allah, je n'ai jamais vu ça.
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MessagePosté le: 21/09/2018 15:43:57    Sujet du message: Muhammad Salla Llâhou 'aleyhi wa salam : Chapitre 2
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