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Les 4 écoles juridiques Sunnites


 
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Sih
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MessagePosté le: 29/02/2008 16:08:18    Sujet du message: Les 4 écoles juridiques Sunnites Répondre en citant
Les Écoles Rituelles (madhâhib) dans le Sunnisme   

  
Les Quatre école sunnites qui existent encore de nos jours sont les suivantes : Mâlikite, Hanafite, Chafi'îte et Hanbalite. Mais d'autres ont existé dans un passé plus lointain, notamment avant le raz-de-marée Mongol, qui n'a pas entraîné que des destructions matérielles, mais aussi un appauvrissement culturel de la civilisation musulmane (et Arabe en particulier).   
Pour preuve, cette affirmation de l'Imam al­Suyûtî (mort en 911 H./ 1515 ap. J.-C..), dans son ouvrage « Le Retour de jésus » :   

  
« Mais le plus étonnant encore, c'est de s'interroger sur les quatre rites. Est-il venu à l'esprit que les rites de cette loi religieuse se limitent seulement à quatre doctrines fondamentales? Il faut savoir pourtant que le nombre de ceux qui recourent à l'effort personnel (Ijtihâd), en matière de loi religieuse, est illimité et que chacun, parmi les compagnons et leurs successeurs immédiats, avait sa propre doctrine ou son école juridique. En effet, on comptait à leur époque pas moins de dix écoles ou rites ayant leur propres chefs et leurs manuels bien établis. Car, en plus des quatre rites fondamentaux, il y a ceux de Sufyan ibn `Uyayna, de Sufyan al-Thawri, d âl-Layth ibn Sa'd, d'Ishaq ibn Rahawayya, d'Ibn Jarir et d'Ibn Dawud. Chacun d'eux avait ses propres disciples qui adoptaient sa thèse et appliquaient sa doctrine. Donc, si les doctrines et les écoles juridiques sont nombreuses, pour quelle raison s'est-on limité aux quatre rites ? ».   

  
Par ailleurs, à l'époque des anciens (Compagnons et Suivants), le Madhhab (rite) pratiqué et enseigné par `Ali, son épouse Fatima, leurs enfants Haçan et Huçein et leurs partisans (qu'on appellera les Chiites) n'était pas considéré par les autres musulmans comme un rite hérétique, mais « sunnite », c'est-à-dire conforme à la Sunna prophétique, les divergences étant seulement, alors, politiques. Ce n'est qu'à la suite du fossé creusé par des générations de lutte fratricide entre les Alides et les Omeyyades que la distinction rituelle se renforça, au point que chaque courant regardait l'autre comme hétérodoxe.   
Ceci dit, les différences entre les « branches » du monde musulman (sunnite, chiite et kharidjïte) sont, du moins à l'origine, moins doctrinales que politiques, et même de nos jours, chaque année, des Musulmans de toutes les tendances prient dans la même mosquée côte à côte à La Mecque.   
En ce qui concerne les quatre rites sunnites subsistant de nos jours, ce sont :   

  

1. L'école Malikite :   

  
C'est le Rite (madhhab) ancien par excellence, à côté du rite Hanafite, si l'on excepte les écoles Chi'ites (dont beaucoup se sont constituées tardivement et par opposition entre elles, principalement au sujet de la reconnaissance de leurs Imams successifs). Le rite malikite est la somme de l'enseignement reçu puis transmis par l'Imam de Médine, Mâlik Ibn Anas, né et mort à Médine (94 H./716 ap. J.-C. - 179 H./795 ap. J.-C.). L'Imam Mâlik fut un disciple direct des Compagnons du Prophète Mohammed
- qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix - et notamment de Sahl Ibn Sa'd. Il étudia aussi auprès de Ja'far as-Sâdiq et connut Abû Hanifah. Il fut l'auteur du premier traité de droit musulman, al-Muwatta' (« La Voie Aplanie » ou « La Voie rendue aisée »), qui est aussi le premier recueil de hadiths.   
L'Imam Mâlik était donc l'héritier principal de la plus ancienne école d'exégèse coranique fondée par le Compagnon `Ubay al-'Ansâri (mort en 28H.) à Médine, la Ville du Prophète
- qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix -, qui était naturellement la mieux placée en tant que dépositaire des «traditions connues» (hadîth Mashhûr).   
Dans la définition du Droit (fïqh) musulman, cette école, après le Coran, admet comme sources (Oussoul), la sunna prophétique, mais presque exclusivement basée sur les seuls hadîths qui sont connus de l'ensemble de la première communauté médinoise, car, au-delà, la science du hadith a donné lieu à des polémiques sans fin entre les docteurs de l'Islam. Le consensus ('ijmâ') s'est ensuite néanmoins rapidement établi, dans le sunnisme, sur l'exactitude des deux recueils authentiques (sahîh) d'Al-Bukhârî et de Muslim, ainsi que l'ont constaté des chroniqueurs anciens, auxquels se réfère notamment Ibn Khaldûn (mort en 808 H./ 1406 ap. J.C).   
Les bases juridiques de cette école sont donc bien sûr avant tout le Coran (comme pour les autres écoles d'ailleurs), puis la sunna, connue principalement par les coutumes médinoises (Adât al-Madîna), mais aussi le consensus des savants ('ijmâ'), l'opinion personnelle (ra'y) qui découle de la réflexion (fikr) et de l'effort d'interprétation personnelle (Ijtihâd), ainsi que le raisonnement par analogie (qiyâs).   
Et bien qu'elle soit assez scrupuleuse sur le plan de la pratique religieuse (notamment des cinq piliers fondamentaux de l'Islam), cette école est aussi, avec l'école hanafite, la plus ouverte et la plus souple dans son adaptation aux différentes réalités locales et temporelles (la coutume, `ourf), à la réflexion personnelle et à l'évolution du monde. Elle est donc mieux en mesure d'appréhender les adaptations nécessaires d'une façon dédramatisée et efficace. Et surtout cette école, à la suite de son fondateur, homme humble et scrupuleux, a une motivation fondamentale, une intention (niyya) tournée avant tout vers la préservation de l'unité de la oumma, préférant cultiver ce qui réunit que de rechercher des solutions juridiques qui pourraient diviser. Cela la distingue notamment de l'école hanbalite (à partir d'Ibn Taymivya), plus vindicative, et qui a souvent pris le risque de susciter des fitna (trouble, division) au nom de la recherche de solutions juridiques.   
Cette École sunnite malikite est répandue autour du golfe Arabo-Persique, au Soudan, en Afrique du Nord et de l'Ouest.   

2. L'école Hanafite :   

  
Cette école a été fondée par l'Imam `Abu Hanifa à Bagdad (mort en 150 H./ 767 ap. J.­C.). Il était d'origine irakienne mais vivait en Perse. Sa jurisprudence prend, comme source première, le Coran, puis les seuls hadiths admis par l'ensemble de la communauté (Abû Hanifa a récusé beaucoup de hadiths qui lui semblaient douteux), partageant le même souci et la même doctrine essentielle que Mâlik en ce qui concerne les fondements du Droit. Il admet également l'opinion personnelle (Ra'y) et l'Ijtihâd (l'effort de recherche personnelle), car Allâh
- qu'Il soit exalté - a créé l'homme doué de raison et Il appelle constamment Sa créature intelligente à raisonner.   
Soutenue par les Abassides, les Seldjoukides et les Ottomans, l'école hanafite s'est enracinée principalement chez les non-arabophones, au Moyen-Orient (principalement en Turquie), en Chine. Considérée par certains commentateurs comme plus « ouverte » que les autres écoles, on lui a reproché aussi parfois une « imitation servile » (taqlîd) des choix juridiques du passé, pouvant figer sa capacité d'adaptation aux réalités contingentes en perpétuelle mutation.   

3. L'école Chafi'ite :   

  
Cette école s'est inspirée de l'Imam Chafi'î (mort au Caire en 204 H./ 819 ap. J.-C.). Après avoir vovagé dans tout l'orient arabe et étudié les doctrines Mâlikites et Hanafites, il créa une synthèse avec pour souci de clarifier l'articulation des sources de la loi musulmane, pour l'appliquer aux événements contemporains. Il a réuni ses théories dans son ouvrage al-Riçâla (l'Epître).   
Selon lui, les sources du Droit doivent être : 1. Le Coran, 2. le hadith (sans toutefois donner de priorité à la coutume traditionnelle de la communauté, priorité qui caractérisait les précédentes écoles d'Irak et d'Arabie, et notamment de Médine, comme le faisait l'Imam Mâlik), 3. Le Qiyâs (raisonnement et déduction par analogie, mais qui n'intervient selon lui que lorsque les deux premières source de la loi ne donnent pas de réponse sur une question précise ou nouvelle), 4. l'Ijma' (consensus des compagnons, puis dans les générations suivantes, consensus des savants religieux de la communauté, ce qui dans la pratique est assez difficile à réaliser). Quand au ra'y (raisonnement personnel), il est écarté purement et simplement des sources du droit musulman, contrairement aux deux écoles précédentes. Ceci a sans doute eu pour effet de figer l' Ijtihâd.   
Cependant, on peut dire toutefois que l'Imam Châfi'î a eu le souci légitime de brider certains effets extrêmes du ra'y et de l' Ijtihâd dont quelques-uns se servaient parfois en dépit du bon sens, sans profonde connaissance du Coran et de la sunna héritée des anciens, pour tenter de justifier des interprétations hasardeuses du Livre, voire des innovations blâmables qui allaient se cristalliser bientôt sous la forme de l'hérésie rationaliste et intolérante du Mu'tazilisme.   
Puis, avec le temps et l'influence des deux premières écoles, un recentrage s'est peu à peu opéré dans cette école, pour donner un peu plus de poids au consensus ( Ijma') des savants, ce qui libère partiellement l'Ijtihâd de la stricte dépendance au hadith (considéré jusque là par cette école comme la norme absolue de la sunna).   
Cette école s'est implantée en Arabie, au Nord de l'Égypte, en Afrique de l'Est et dans tout l'Orient : Inde, Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Viêt-nam, Philippine.   

  

4. L'école Hanbalite :   

  
Cette école se réclame d'Ahmad Ibn Hanbal (mort en 241 H./ 855 ap. J.-C.), est pratiquement née du conflit qui a opposé Ibn Hanbal aux Mu'tazilites (rationalistes hellénisants passablement intolérants) et aux autorités politiques qui soutenaient alors les Mu'tazilites. La réputation d'Ibn Hanbal s'est forgée durant ces événements au cours desquels il fut persécuté et emprisonné sans jamais se renier. En fait, Ibn hanbal était principalement un spécialiste du hadith (un traditionniste, un rapporteur des traditions prophétiques). C'était aussi un traditionnaliste scrupuleux qui se méfiait du ra'y (opinion personnelle) et du qiyâs (analogie), car, selon lui, ils avaient ouvert la porte à l'hérésie mu'tazilite, source d'innovations pécheresses et de division de la communauté. La polémique qui l'opposa à ces derniers, au sujet de la nature du Coran, et qui lui valut la persécution, donna dès le départ à cette école une teinte contestataire, alors que dans sa doctrine, Ibn Hanbal privilégiait surtout la sunna (la coutume communautaire héritée des anciens formés par le Prophète
- qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix - béni et ses compagnons et suivants) et l'unité communautaire, en bon sunnite.   
Cette école se développa ensuite et ses missionnaires apportèrent leur madhhab dans des contrées lointaines, notamment dans le nord de l'Iran où allait naître le Cheikh Abd al-Qâdir al Jilânî (mort en 1166 ap. J.-C.), grand organisateur du soufisme confrérique.   
Un siècle plus tard naissait le théologien Ibn Taymiyya (mort en 727 H.: 1328 ap. J.-C.). Son approche est sensiblement différente de celle du fondateur Ibn Hanbal. Avant même l'intérêt de l'unité communautaire, la recherche de solutions juridiques semblent primer chez lui.   
Il intervient notamment auprès des Princes arabes lors de la conquête mongole, pour dénoncer l'apathie des Chouyoukh des confréries soufies, qui voient, dans le nouvel envahisseur, l'expression de la colère d'Allâh
- qu'Il soit exalté -, d'autant plus que les Tatares se sont convertis à l'Islam (après avoir - il est vrai - ravagé l'orient arabe). C'est sans doute en grande partie son nationalisme arabe qui lui fait alors traiter les nouveaux maîtres Mongols d'hypocrites, et il parvient à entraîner des princes arabes dans la résistance, malgré l'attitude réservée des confréries soufies.   
Dans cette lutte, les arabes subissent d'effroyables pertes irrémédiables, mais fait paradoxal, en affaiblissant considérablement la puissance du déferlement mongol vers la Méditerranée, ils sauvent de fait de justesse leur ennemi héréditaire, l'auteur des croisades, à savoir le monde chrétien occidental qui n'était pas en mesure, à cette époque, vu son retard militaire et son extrême morcellement politique, de résister au raz de marée Asiatique.   
Serait-ce donc par son attachement ethnique et culturel, c'est-à-dire en fin de compte par, un chauvinisme digne de la Jahiliya (période de l'ignorance pré-islamique des Arabes), qu'Ibn Taymiyya a agi ? En ce cas, il aura simplement poussé les Arabes à faire de leurs propres corps et cadavres, l'ultime rempart pour sauver leurs ennemis trinitaristes qui les persécutaient depuis sept siècles ! Et pour les sauver de quoi ? De l'Islamisation qu'aurait pu entraîner l'invasion des mongols (convertis) en Europe ! Ce qui aurait stoppé, entre autre, la reconquista des fanatiques catholiques en Espagne...   
Mais Allâh
- qu'Il soit exalté -, fidèle à Son éternelle Coutume, ne favorise pas un peuple rebelle, qui préfère sa nationalité, sa race ou sa langue, à sa religion, alors que la seule noblesse réside dans la piété, conformément à Sa Parole.   
Par ailleurs, l'intransigeance dogmatique d'Ibn Taymiya, son rigorisme sourcilleux, a assurément fait dévier après lui cette école dans une voie particulièrement austère. Ce qui n'enlève rien aux qualités intrinsèques de ses ouvrages.   
Cette école Hanbalite se cantonne désormais essentiellement en Arabie Saoudite où elle a donné naissance à une nouvelle école : le wahhabisme, qui est un hanbalisme réformé entièrement exotériste. Mais la puissance financière saoudienne permet à cette tendance de s'exporter un peu partout dans le monde.   
En écartant le ra'y et le qiyâs des sources du droit musulman, le hanbalisme (et surtout sa variante wahhabite) a été accusée de « fossiliser » la jurisprudence dans « l'imitation aveugle » (taqlid) du passé, de plus en plus décalée par rapport aux réalités environnantes, ce qui a fait apparaître trop souvent l'Islam comme une religion plutôt socialement rétrograde, alors qu'elle était à la pointe du progrès social durant la mission du Prophète
- qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix -.   

  
Conclusion :   

  
Au cours des siècles, la cohabitation, parfois difficile entre les quatre écoles sunnites (surtout avec l'école hanbalite), s'est désormais adoucie. Un consensus de respect mutuel s'est établi peu à peu entre les docteurs des quatre écoles (et même au-delà, avec les chi'ites). Ces quatre écoles se reconnaissent donc officiellement et constituent le Sunnisme, c'est à dire l'ensemble des « gens de la tradition (sunna) et de la communauté » qui englobe aujourd'hui 80 % des musulmans de la planète, soit plus d'un milliard d'humains.   
Malgré tout, force est de constater que les premières écoles (madhhab) Mâlilkite et Hanafite étaient plus ouvertes et tolérantes que les suivantes. Elles plaçaient l'opinion personnelle, le raisonnement analogique et l'effort d'interprétation en haute estime, ainsi que la pratique (sunna) communautaire des anciens, tout en rejetant l'imitation aveugle des jurisprudences et fatwa (décision juridique) du passé, face à des situations inédites ou dans des contextes différents.   
A contrario, les écoles constituées ensuite, Chafi'îte et Hanbalite (sans compter la tendance ultra puritaine Wahhabite), constituent un net durcissement, une réaction à la conception du droit islamique selon les Anciens (Salaf de la communauté, ces Anciens étant constitués des Compagnons du Prophète béni, de ses Compagnons (Sahâha), de leurs Suivants (Tabi'in), des disciples directs de ces suivants (Tabi'in ­ Tahi ûn), de leurs disciples qu'on appela Zuhâd (Ascètes, singulier : Zâhid), puis au début du deuxième siècle de l'Hégire, les Soufis. Al-Qushayrî (mort en 465 H.) atteste de cela dans son livre Kitab an-Nafahât :   
« Après la mort du Prophète
- qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix -, les Musulmans les plus distingués étaient appelés Compagnons, puis à la seconde génération, Suivants, puis Suivants des Suivants, puis dans les générations suivantes Ascètes, puis Soufis ». Les premiers soufis font donc bien partie de ce qu'on doit à juste titre désigner comme les Anciens (salaf de la communauté, puisqu'ils constituent la cinquième et ultime génération des meilleurs fidèles du prophète Mohammed
- qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix -. Et ces distinctions de titres n'ont été produites que pour ne pas confondre ces générations entre elles, mais elle ne désignent pas une différence de nature entre les Anciens, bien que globalement les premières générations furent meilleures que les suivantes. Mais à chaque génération Allâh
- qu'Il soit exalté - suscite des saints, et il arrivera parfois, comme l'indique le hadith, que certains individus surpasseront les Anciens en piété.   
Le retour de jésus constituera sans doute une épreuve pour les esprits trop rigides et dogmatiques, et aussi, à l'opposé, pour les esprits trop laxistes et accommodants, puisqu'il est annoncé que des «musulmans» de nom le récuseront.   
Loin de l'intolérance, les premières générations de musulmans reçurent une religion libératrice, tant sur le plan spirituel que moral, culturel, économique, qui permit un progrès dans tous les domaines de la vie humaine : liberté de conscience, amélioration de la condition féminine, affranchissement des esclaves, égalité juridique et fiscale, réglementation de l'économie dans le sens du bien public, à l'antipode des doctrines passéistes récemment apparues dans la communauté musulmane.   
En réalité, les soi-disant « fondamentalistes» ne sont que les victimes et les jouets des gouvernements du monde matérialiste occidental (plutôt athée que chrétien). Ils en épousent d'ailleurs beaucoup de croyances (par exemple leur réfutation des miracles du Prophète béni et des saints, leur négation des apparitions du Prophète et des Anges aux saints, etc.). En plus, ils servent presque toujours les intérêts politiques, économiques et géostratégiques militaires des puissances non-musulmanes. Les dirigeants occidentaux ne s'y trompent d'ailleurs pas, et c'est leur intérêt, également idéologique, que de soutenir les formes les plus rétrogrades et repoussantes existantes dans l'Islam actuel, dans le but de le défigurer et de ralentir la progression universelle de la belle religion de notre saint Prophète béni
- qu'Allâh lui accorde la grâce et la paix -, comme Allâh
- qu'Il soit exalté - l'a annoncé dans Son Livré Révélé, le Noble Coran.   

  
Gloire à ton Seigneur, le Seigneur de la puissance. Il est au-dessus de ce qu'ils décrivent ! Et paix sur les Messagers, et louange à Allah, Seigneur de l'univers ! Sourate 37 : Les rangés (As-Saffat) verset 180 - 181 - 182.
  
trouvé sur Aslama tiré de " Les 4 écoles Sunnites et l'intérêt de leurs différences "   
par l'Imam As-Suyuti
  
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MessagePosté le: 29/02/2008 16:08:18    Sujet du message: Publicité
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Sih
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MessagePosté le: 29/02/2008 16:17:54    Sujet du message: Les 4 écoles juridiques Sunnites Répondre en citant
Pourquoi les Musulmans suivent les 4 écoles (Madhdhab) ?

« Qui a besoin des imams de la Loi Sacrée quand nous avons le Qur’an et les hadiths ? Pourquoi ne pouvons-nous pas tout simplement prendre notre islam de la parole d’Allah et de Son Messager ? »

Chaykh Nuh Ha Mim Keller explique la nécessité de respecter et d’accorder leur juste valeur aux savants et aux écoles de la Loi Islamique.
L’oeuvre des Imams Mujtahid de la Loi Sacrée, ceux qui déduisent les jugements de la shari’a du Qur’an et des hadiths, a été l’objet de mes recherches pendant plusieurs années maintenant, durant lesquelles j’ai parfois entendu la question : « Qui a besoin des imams de la Loi Sacrée quand nous avons le Qur’an et les hadiths ? Pourquoi ne pouvons-nous pas tout simplement prendre notre islam de la parole d’Allah et de Son Messager (salAllahu ‘alayhi wa salam), qui sont protégés de l’erreur par intervention Divine, au lieu de le prendre des madhdhabs ou « écoles de jurisprudence » des imams mujtahid, comme Abu Hanifa, Malik Shafi’i et Ahmad, qui eux ne le sont pas ? »



Je ne peux cacher à aucun de vous à quel point ce problème est pressant, ou que nombre de désaccords que nous voyons et entendons dans nos mosquées ces jours-ci sont dus à un manque de connaissance du fiqh ou « jurisprudence islamique » et de sa relation à l’Islam dans son ensemble. Il est tant maintenant, plus que jamais, de revenir aux bases et de nous demander comment nous comprenons et exécutons les commandements d’Allah.



Nous examinerons d’abord la connaissance de l’Islam que nous possédons tous, et montrerons où le fiqh entre en jeu. Nous lirons les qualifications mentionnées dans le Qur’an et la sunna de ceux qui exercent le fiqh, les savants mujtahid. Nous nous focaliserons tout d’abord sur l’étendu du savoir du savant Mujtahid (le nombre de hadiths qu’il doit connaître etc.) puis nous examinerons la profondeur de son savoir, à travers de véritables exemples de dalils ou « preuves légales » qui démontre comment les savants font le lien entre des hadiths différents voir même contradictoires pour produire un avis juridique uniforme et cohérent.



Nous terminerons par discuter de la relation du mujtahid à la science de l’authentification des hadiths et des conditions par lesquelles un savant sait qu’un hadith donné est sahih ou « rigoureusement authentifié » pour pouvoir l’accepter et le suivre.


Qur’an et Hadith.
La connaissance que vous et moi prenons du Qur’an et des hadiths est de plusieurs types : le premier et le plus important concerne notre foi, et est la connaissance d’Allah et de Ses Attributs, et les autres articles basiques du dogme Islamique comme la prophétie du Messager d’Allah (sallAllahu ‘alayhi wa salam), le Jour Dernier etc. Chaque Musulman peut et doit acquérir cette connaissance du Coran et de la Sunna.



C’est également le cas pour un second type de connaissance qui ne concerne pas notre croyance toutefois, mais plutôt les actions : les lois générales de l’Islam qui sont de faire le bien et d’éviter le mal, d’accomplir la zakat, jeûner Ramadan, coopérer avec les autres pour faire le bien et ainsi de suite.



Quiconque peut apprendre et comprendre ces règles générales, qui résument le sirat al-mustaqim, ou « chemin droit » de notre religion.


Fiqh.
Un troisième type de connaissance est celle des détails spécifiques de la pratique islamique. Tandis que tout un chacun peut comprendre les deux premiers types de savoir à partir du Qur’an et des hadiths, la compréhension de ce troisième type a un nom spécial : fiqh, qui signifie littéralement « compréhension ». Et les gens y diffèrent quant à leurs capacités.



J’ai eu un visiteur un jour en Jordanie, par exemple, qui, alors que nous parlions de pourquoi il n’avait pas encore été au hajj, m’a mentionné le hadith de Anas ibn Malik qui dit que le Messager d’Allah (sallAllahu ‘alayhi wa salam) a dit : « quiconque prie la prière de l’aube (fajr) en groupe et s’assoit pour faire du dhikr jusqu’au lever du soleil, puis prie deux rak’as, aura une récompense semblable à celle d’un hajj et d’une ‘umra. » Anas dit : « Le Prophète (sallAllahu ‘alayhi wa salam) a dit ‘complètement, complètement, complètement. » (Tirmidhi, 2.481)



Mon visiteur l’avait fait ce même matin, et maintenant il croyait avoir rempli son obligation d’accomplir le Haaj et ne pas avoir besoin d’aller à La Mecque. Le hadith était bien authentifié (hassan). J’ai donc défini à mon visiteur la différence entre gagner la récompense d’une chose, et remplir une obligation de l’Islam en l’accomplissant véritablement, et il a compris ce que je voulais dire.



Mais il y a une leçon plus importante dans cela, c’est que même si le Qur’an et la Sunna sont ma’sum ou « Divinement protégés de l’erreur », la compréhension qu’on en a ne l’est pas. Et quelqu'un qui dérive des règles du Qur’an et de la Sunnah sans entraînement à l’ijtihad ou « déduction depuis les textes primaires » comme mon visiteur l’avait fait, sera responsable de cela au Jour du Jugement, tout comme un docteur amateur qui n’a jamais été dans une école de médecine sera responsable s’il accomplit une opération et que quelqu'un meurt sous son scalpel.



Pourquoi cela ? Parce que Allah a expliqué dans le Qur’an que le fiqh, la compréhension détaillée des commandements divins, requiert que des membres spécifiquement entraînés l’apprennent et l’enseignent. Allah dit dans surat al-Tawba :



{Les croyants n'ont pas à quitter tous leurs foyers pour combattre. Pourquoi de chaque clan quelques hommes ne viendraient-ils pas s'instruire dans la religion, pour pouvoir à leur retour, avertir leur peuple afin qu'ils soient sur leur garde.} (9 : 122)

Où l’expression « li yatafaqqahu fi al din » « s’instruire dans la religion » est dérivé très précisément de la même racine (F-Q-H) que le mot fiqh ou « jurisprudence », et est ce que les étudiants occidentaux en arabe appellent un « verbe à cinq formes », (tafa‘ ‘ala) ce qui indique que le sens contenu dans la racine, compréhension, est obtenu par un effort soigneux et soutenu.


Ce verset coranique établi qu’il devrait y avoir une catégorie de gens qui ont appris la religion pour être à leur tour qualifiés pour l’enseigner. Et Allah a commandé à ceux qui ne connaissent pas une règle de la Loi Sacrée de demander à ceux qui savent, en disant dans la surat al-Nahl :



{Demandez aux gens du Rappel si vous ne savez pas} (16 : 43)

Dans lequel ces mots « les gens du rappel » [ndt : ou « ceux qui se souviennent »], ahl al-dhikri, indique ceux qui ont la connaissance du Qur’an et de la Sunna, et à leur tête les Imams Mujtahid de cette Umma. Pourquoi cela ? Parce que, tout d’abord, le Qur’an et les hadiths sont en langue arabe, et en tant que traducteur moi-même, je peux vous assurer que ce n’est pas n’importe quel arabe…



Pour comprendre le Qur’an et la Sunna, le mujtahid doit avoir une connaissance parfaite de la langue arabe, dans le même degré de maîtrise que les anciens arabes eux-mêmes avaient, avant que le langage ne soit utilisé par des non autochtones. Cette maîtrise, que presque personne n’a à notre époque, n’est pas le principal sujet de cette étude, mais même si nous l’avions, que se passerait-il si, vous ou moi, n’étant pas des spécialistes formés, nous essayions de déduire des détails sur la pratique islamique directement depuis les sources ? Après tout, le Prophète (sallAllahu ‘alayhi wa salam) a dit dans le hadith de Bukhari et Muslim : « Quand un juge qui émet des jugements et lutte pour connaître un statut légal (ijtahada) et a raison, il a deux récompenses. S’il émet des jugements et lutte pour connaître un statut légal et se trompe, il a une récompense. » (Bukhari, 9.133).




La réponse du terme ijtihad ou « lutte pour connaître un statut légal » dans cet hadith ne signifie pas l’effort de tout le monde et n’importe qui pour comprendre et opérationnaliser un avis juridique Islamique, mais plutôt celui de la personne qui connaît tout ce que le Prophète (sallAllahu ‘alayhi wa salam) a enseigné sur cette question. Quiconque fait de l’ijtihad sans en avoir les qualifications est un criminel. La preuve en est le hadith du compagnon Jabir ibn ‘Abdullah qui a dit :




Nous sommes partis en expédition, et une pierre a frappé l’un d’entre nous et lui lacéra la tête. Il eut plus tard une pollution nocturne, et il demanda à ses compagnons : « Pensez-vous que j’ai une circonstance atténuante pour accomplir l’ablution sèche (tayammum) ? » à la place de la grande ablution [ghusl.] Ils lui répondirent : « Non nous ne voyons pas de circonstance atténuante si tu peux utiliser de l’eau. » Alors il a accompli la grande ablution et en est mort. Quand nous vînmes trouver le Prophète (sallAllahu ‘alayhi wa salam) et qu’il apprit cela, il dit : « Ils l’ont tué, qu’Allah les tue. Pourquoi n’ont-ils pas demandé ? Car ils ne savaient pas. Le seul remède à celui qui ne sait pas quoi dire est de demander. » (Abu Dawud, 1.93)

Le Prophète (sallAllahu ‘alayhi wa salam) a également dit :


Les juges sont de trois types : deux d’entre eux iront en enfer, et un au paradis. Un homme qui connaît la vérité et qui juge en fonction d’elle, il ira au paradis. Un homme qui juge entre les gens alors qu’il est ignorant, il ira en enfer. Et un homme qui connaît la vérité mais qui juge injustement, il ira en enfer. (Sharh al-Sunna, 10.94)


Cet hadith, qui a été rapporté par Abu Dawud, Tirmidhi, Ibn Majah, et d’autres est rigoureusement authentique (sahih), et n’importe quel Musulman qui souhaite éviter le feu devrait considérer avec lucidité le sort de quiconque, selon les termes du Prophète (sallAllahu ‘alayhi wa salam), « juge pour les gens alors qu’il est ignorant. »




Pourtant, nous avons nos Qur’an de Yusuf ‘Ali, et nos traductions du Sahih al-Bukhari. Ce ne sont pas des sources scientifiques valables ?


Ce sont des livres de grande valeur, et ils contiennent peut-être la plus grande et la plus importante partie de notre Din : les croyances Islamiques de base, et les lois générales de la religion. Notre sujet ici ne concerne pas ces grands principes, mais plutôt sur la compréhension des détails spécifiques de la pratique Islamique, qui est précisément appelée le fiqh. Pour cela, je pense que n’importe quel chercheur honnête qui étudie la question sera d’accord avec moi que les traductions anglaises [ndt : ou françaises] ne sont pas suffisantes. Elles ne sont pas suffisantes parce que la compréhension de la totalité du corpus textuel du Qur’an et des hadiths, qui consiste en ce que nous appelons le Din, requiers deux dimensions chez un savant : une dimension d’ampleur, la compréhension en substance de tous les textes, et une dimension de profondeur, les outils méthodologiques requis pour faire le lien entre les versets coraniques et les hadiths, même ceux qui se contredisent ostensiblement l’un l’autre.





La Connaissance des Textes Primaires


Quant à l’ampleur de la connaissance d’un mujtahid, il est rapporté que Muhammad ibn ‘Ubaydullah ibn al-Munadi, l’élève de l’Imam Ahmad ibn Hanbal, a entendu un homme demander à ce dernier : « Quand un homme a mémorisé 100 000 hadiths, est il un savant de la Loi Sacrée, un faqih ? » Il répondit : « Non. » L’homme demanda : « 200 00 alors ? » Il répondit : « Non. » L’homme demanda : « Alors 300 000 ? » Il répondit : « Non. » L’homme demanda : "400 000 ?" Et Ahmad fit un geste de la main pour dire « à peu près autant. » (Ibn al-Qayyim : I‘lam al-muwaqqi‘in, 4.205).


En vérité, par le terme « hadith » dans ce cas, l’Imam Ahmad voulait dire les hadiths du Prophète (sallAllahu ‘alayhi wa salam) dans leurs diverses chaînes de transmission, comptant chaque chaîne de transmission différente comme un hadith propre, et peut être également en comptant les paroles des Sahaba. Mais le point essentiel ici est que même en éliminant les différentes chaînes, et qu’on ne parle que des hadiths du Prophète (sallAllahu ‘alayhi wa salam) qui sont absolument acceptables en tant que preuves, que cela soit des hadiths Sahih, « rigoureusement authentifiés », ou Hassan, « bien authentifiés » (qu’on peut considérer comme des Sahih du point de vue de l’ijtihad), nous parlons tout de même de plus de 10 00 hadiths, et on n’en trouve pas autant dans Bukhari seul, ni dans Bukhari et Mouslim seul, ni dans aucun des six livres, ni même des neuf. Pourtant, quiconque veut donner une fatwa, ou « avis juridique formel » et juger pour les gens si une chose est licite ou illicite, obligatoire ou sunna, doit connaître tous les textes primaires qui y sont reliés. Car les environ 10 000 hadiths sahih sont, pour le mujtahid, comme un seul hadith, et il doit d’abord les connaître pour faire le lien entre eux pour expliquer le commandement homogène d’Allah.


Je dis : « faire le lien » car beaucoup d’entre vous sont conscients que certains hadiths sahih semblent contrevenir à d’autres hadiths tout aussi sahih. Comment un mujtahid procède dans un tel cas ?



L’Ijtihad
Examinons quelques exemples. La plupart d’entre nous connaissent les hadiths sur le jeune du Jour de ‘Arafa pour le non-pèlerin qui « expie [les péchés] de l’année passée et de l’année suivante » (Muslim, 2.819). Mais un autre hadith bien authentifié interdit de jeûner uniquement le Samedi (Tirmidhi, 3.210), que Tirmidhi explique : « Le sens de la réprobation est celui de quand un homme isole le Samedi pour y jeûner, car les juifs révèrent le Samedi » (ibid.). Certains savants soutiennent que le Dimanche est également réprouvé pour le jeûne pour les mêmes raisons, qu’il est vénéré par les non-Musulmans.(D’autres hadiths permettent de jeûner ces jours si on jeûne également le jour d’avant ou le jour d’après, peut être parce qu’aucune religion ne vénère les deux jours d’affilés.) La question se pose : Que faire si ‘Arafa tombe un Vendredi, un Samedi, ou un Dimanche ? La recommandation générale du jeune du Jour de ‘Arafa peut aussi bien être susceptible d’être sujet à la prohibition spécifique de jeûner un seul de ces jours-là. Mais un mujtahid conscient de tout le corpus de hadith connaîtrait certainement un troisième hadith recensé par Muslim qui est encore plus spécifique et qui dit : « Ne jeûnez pas uniquement le Vendredi d’un ou plusieurs autres jours de jeune, sauf s’il coïncide avec un jeune qu’un de vous accomplit » (Muslim, 2.801).



Ce dernier hadith établit pour le mujtahid le fait que le principe général du jugement du jeune d’un jour normalement interdit change quand il « coïncide avec un jeune que l’un d’entre vous accomplit. » ; Ainsi n’y a-t-il pas de problème à jeûner, que le Jour de ‘Arafa tombe un Vendredi, un Samedi, ou un Dimanche.



Ici comme ailleurs, quiconque veut comprendre le statut de l’accomplissement d’une chose en Islam doit connaître tous les textes qui sont liés à ce sujet précis. Car en tant que Musulmans ordinaires, vous et moi ne sommes pas seulement tenus d’obéir uniquement aux versets Coraniques et aux hadiths que nous connaissons. Nous sommes tenus d’obéir à tous, toute la shari’a. Et si nous ne sommes pas personnellement qualifiés pour faire le lien entre tous ces textes ; et nous avons entendu Ahmad ibn Hanbal expliquer l’étendu de cette connaissance ; nous devons alors suivre quelqu'un qui le peut, voilà pourquoi Allah nous dit : « Demandez aux gens du Rappel [qui se souviennent] si vous ne savez pas. »



La quantité et la nature de cette connaissance nécessitent qu’un non-spécialiste en la matière fasse preuve de adab, ou "respect adéquat" envers les savants du fiqh quand il trouve un hadith, que cela soit dans Bukhari ou ailleurs, qui contredit ostensiblement les écoles du fiqh. Un non-savant, par exemple, lisant Bukhari trouvera le hadith dans lequel le Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) a dénudé une de ses cuisses en revenant de Khaybar (Bukhari, 1.103-4). Et il pourra imaginer que les quatre madhdhabs ou « écoles juridiques » -Hanafi, Maliki, Shafi‘i, et Hanbali- se sont trompés dans leur jugement que la cuisse est ‘awra, ou « nudité qui doit être couverte ».



Mais en fait, il y a nombre d’autres hadiths, tous bien authentifiés (hassan) ou rigoureusement authentiques (sahih) qui prouvent que le Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) a explicitement commandé à plusieurs Sahaba de couvrir leurs cuisses car cela fait partie de la nudité.



Hakim signale que le Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) a vu Jarhad dans la mosquée portant un manteau, et sa cuisse se découvrit, et le Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) lui a dit que, « la cuisse fait partie de nudité » (Al-Mustadrak), dont Hakim dit, « c'est un hadith dont la chaîne de transmission est rigoureusement authentifiée (sahih), » ce que l' Imam Dhahabi a confirmé (ibid.). L’Imam Al-Baghawi rapporte le hadith de sahih que « le Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) passa devant Ma'mar, dont les deux cuisses étaient exposées, et lui a indiqué que, « O Ma'mar, couvrent tes deux cuisses, parce que les deux cuisses font partie de la nudité » » (Sharh Al-sunna 9.21).



Et Ahmad ibn Hanbal rapporte que le Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) a dit, « quand un de vous marie [quelqu'un] à son domestique ou employé, ne le laissez pas regarder sa nudité, parce que ce qui est au-dessous de son nombril jusqu'à ses deux genoux est nudité » (Ahmad, 2.187), un hadith avec une chaîne de transmission bien authentifié (hasan). Les imams mujtahid des quatre écoles connaissaient ces hadiths, et ont fait le lien entre eux et le hadith de Khaybar dans Bukhari par le principe méthodologique que : « Un commandement explicite dans les paroles du prophète (Allah le bénissent et lui donnent la paix) a la priorité sur une de ses actions à lui. » Pourquoi cela ?



Entre d'autres raisons, parce que certaines règles de la Shari’a ne s’appliquaient qu’au Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam). Comme le fait que quand il entrait dans une bataille, il n'était pas autorisé pour lui de battre en retraite, qu’importe à quel point il était dépassé en nombre. Ou comme l'obligation pour lui seul de la prière du tahajjud ou du "veilleur de nuit" après s'être réveillé avant l'aube, qui est seulement sunna pour le reste d’entre nous. Ou comme la permission uniquement en ce qui le concerne de ne pas casser son jeune le soir entre plusieurs jours de jeune. Ou comme la permission spécifique à lui d’avoir plus de quatre femmes - un moyen par lequel Allah, dans Sa Sagesse, a préservé pour nous les moindres détails de la sunna du Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) au jour le jour, qu'un plus grand nombre d'épouses pouvait bien mieux observer et retenir.



Parce que certaines règles de la shari’a ne s’appliquaient qu’à lui seul, les savants de l’ijtihad ont établi le principe que dans de nombreux cas, quand un acte a été fait par le Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) en personne, comme le fait que l’on voyait ses cuisses après Khaybar, et qu’il nous a donné un ordre explicite de faire le contraire, dans ce cas précis, couvrir les cuisses car elles font parties de la nudité, alors le commandement est ce que nous adoptons, et l’acte est considéré comme étant propre à lui seul (salAllahu ‘alayhi wa salam).



Nous pouvons voir de cet exemple le type de science que cela nécessite pour appréhender sérieusement le corpus complet du hadith, à la fois en termes d’étendue de connaissance et de profondeur de compréhension interprétative (ou fiqh), et que quiconque ferait une fatwa disant, sur la base du hadith de Khaybar qui se trouve dans le Sahih al-Bukhari, que « les savants se trompent et le hadith a raison » serait coupable d’une négligence criminelle pour son ignorance.



Quand une personne n’a pas la connaissance substantive du Qur’an et du corpus des hadiths, et qu’il lui manque de la méthodologie du fiqh pour faire de façon cohérente le lien entre les deux, les hadiths qu’il a lu ne sont pas suffisants. Pour prendre un autre exemple, il y a un hadith bien authentifié (hassan) qui dit que « Le Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) a maudit les femmes qui visitent les tombes. » (Tirmidhi, 3.371). Mais les savants disent que l’interdiction aux femmes de visiter les tombes a été abrogée par le hadith rigoureusement authentifié (sahih) : « Je vous ai interdit de visiter les tombes, mais maintenant visitez-les » (Muslim, 2.276).



Ici, bien que l'expression « maintenant visitez les » (fa zuruha) est un impératif aux hommes (ou à un groupe dont au moins certains sont des hommes), le fait que le hadith permet aux femmes comme aux hommes de visiter dorénavant les tombes est montré par un autre hadith rapporté par Muslim dans son Sahih que quand A'isha a demandé au Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) ce qu’elle devrait dire si elle visitait des tombes, il lui disait, « Dit : ‘‘La paix soit sur les croyants et les musulmans parmi les gens de ces demeures ; qu’Allah fasse miséricorde à ceux d’entre nous qui sont partis devant et ceux qui sont restés en arrière ; si Allah veut, nous vous rejoindrons certainement’» (Muslim, 2.671), ce qui implique tout simplement la permission pour elle de visiter les tombes afin de dire cela, parce que le Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) ne lui aurait jamais enseigné ces mots si visiter les tombes pour les dire avait été une désobéissance. En d'autres termes, savoir tous ces hadiths, ainsi que le principe méthodologique du naskh ou de « l’abrogation », est essentiel pour tirer la conclusion de fiqh valable qui est que le premier hadith dans lequel « Le Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) a maudit les femmes qui visitent les tombes » a été abrogé par le deuxième hadith, comme cela est certifié à par le troisième.



Ou considérons le verset Coranique dans la sourate al Mai'da :



{La nourriture de ceux à qui ont reçu le Livre est licite pour vous, et votre nourriture est licite pour eux} (Qur’an 5 : 5)


C’est un jugement général qui s’applique apparemment à toute leur nourriture. Pourtant, ce jugement est sujet au takhsis, ou « restriction » par un jugement plus spécifique qui prouve que certaines des nourritures des Ahl al-Kitab, « ceux qui ont reçu le Livre » comme le porc ou les animaux qui n’ont pas été abattus dans les règles, ne sont pas licites pour nous. L’ignorance de ce principe du takhsis ou restriction semble particulièrement courante chez les pseudo-mujtahids de notre temps, de qui on entend souvent le jugement le plus général en ces mots : « mais le Qur’an dit ceci » ou « mais le hadith dit cela », sans aucune mention du jugement plus spécifique issu d’un hadith différent ou d’un verset Coranique qui le restreint. La réponse ne peut être que : « Oui mon frère, le Qur’an dit : ‘‘ la nourriture de ceux qui ont reçu le Livre est licite pour vous’’, mais que dit il d’autre ? » ou bien « oui le hadith du Sahih al-Bukhari dit que le Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) a dénudé sa cuisse au retour de Khaybar. Mais qu’est ce que les hadiths disent d’autre ? Et, plus important encore, est ce que tu es sur que tu les connais ? »


Les exemples ci-dessus n’illustrent que quelques-unes des règles méthodologiques nécessaires au mujtahid pour comprendre et opérationnaliser l’Islam en faisant le lien entre deux preuves légales.



Premièrement, nous avons vu le principe du takhsis ou de la « restriction » des règles générales par les plus spécifiques, dans les deux exemples du jeûne le jour du `Arafa quand il tombe le vendredi, samedi, ou dimanche, et de celui de la nourriture d'Ahl Al-Kitab. Deuxièmement, dans le hadith de Khaybar issu du Sahih Al-Bukhari au sujet du fait de découvrir sa cuisse et les hadiths commandant que la cuisse soit couverte, nous avons vu le principe de la façon dont une commande prophétique explicite dans ses termes a la priorité sur une action quand il y a une contradiction. Troisièmement, nous avons vu le principe du mansukh wa nasikh, de « l’abrogation du jugement le plus ancien par un plus récent » dans l'exemple de la prohibition initiale des femmes de visiter des tombes, et que cela leur a plus tard été autorisé.



Ce sont seulement trois des manières dont deux textes ou plus du Qur'an et du hadith peuvent entrer l’un dans l’autre et se qualifier l’un l’autre, des règles que celui qui en déduit la shari’a doit connaître. En d'autres termes, ils ne sont qu’outils d'une boîte à outils méthodologique entière. Nous n'avons pas le temps de passer la soirée à détailler tous ces outils, mais nous pouvons en mentionner certains en passant, donnants d'abord leurs noms arabes, comme :



Le ‘amm, un texte d'applicabilité générale à beaucoup de règles légales, et son opposé :
Le khass, ce qui est applicable seulement à un jugement ou à un type de jugement précis.
Le mujmal, celui qui requière d'autres textes afin d'être entièrement compris, et son opposé :
Le mubayyan, ce qui est clair sans autres textes.
Le mutlaq, ce qui est applicable sans restriction, et son opposé :
Le muqayyad, ce qui a des restrictions imposées par d'autres textes.
Le nasikh, ce qui abroge des jugements indiqués précédemment, et son opposé :
Le mansukh : ce qui est abrogé.
Les nass : cela qui détermine sans équivoque une question légale particulière, et son opposé :
Le dhahir : cela qui peut contenir plus d'une interprétation.




Mon but en mentionnant ce qu’est un mujtahid, ce qu’est le fiqh, et les types de textes qui matérialisent les commandements d’Allah, avec des exemples pour les illustrer, est pour répondre à la question initiale : « Pourquoi ne pouvons-nous pas prendre notre pratique islamique directement de la parole d’Allah et de Son messager (salAllahu ‘alayhi wa salam), qui sont sous la protection divine, plutôt que de prendre la parole des Imams mujtahid, qui eux ne le sont pas ? » La réponse, nous l’avons vu, est qu’on ne peut agir selon la révélation sans compréhension, et que la compréhension requiert d’une part d’avoir une vaste maîtrise du tout, et d’autre part le comment de la relation des différentes parties entre elles. Quiconque allie ces deux dimensions de la révélation prend sa pratique islamique de la parole d’Allah et de Son messager (salAllahu ‘alayhi wa salam), qu’il le fasse personnellement en étant lui-même un Imam mujtahid, ou par le biais d’un autre, en le suivant.


Suivre les Savants (Taqlid)
Le Qur’an distingue clairement entre deux niveaux : celui des néophytes dont le chemin est le taqlid ou « suivre les résultats des savants sans connaître la preuve détaillée » et celui de ceux dont la tâche est de savoir et d’évaluer cette preuve, à travers la Parole d’Allah Très Haut dans la surat al-Nisa’:


Ils auraient dû avant tout en référer au Messager et aux détenteurs de l’autorité parmi eux, ceux qui étaient habilités à en déduire la portée en auraient apprécié la véracité… (Qur’an 4 : 83)

Où alladhina yastanbitunahu minum, « ceux qui sont à même d’en connaître la portée », font référence à ceux qui ont la capacité de déduire des règles juridiques directement à partir des preuves, ce qui est appelé précisément en arabe istinbat, montrant que, comme le dit l’exégète coranique al-Razi : « Allah a commandé à ceux qui sont moralement responsables de présenter les faits concrets à quelqu'un qui peut en déduire (yastanbitu) les règles juridiques appropriées. » (Tafsir al-Fakhr al-Razi, 10.205).

Une personne qui a atteint ce niveau peut, et même doit tirer ses conclusions directement de la preuve, et ne peut se contenter de suivre les conclusions d’un autre savant sans examiner les preuves (taqlid), une règle qui est exprimée dans les livres de méthodologie des fondements du fiqh comme : Laysa li al-‘alim an yuqallida, « le ‘alim [autrement dit le mujtahid au niveau de l’istinbat évoqué plus haut par le verset coranique ci-dessus] ne peut se contenter de suivre un autre savant » (al-Juwayni : Shahr al-Waraqat, 75), ce qui signifie qu’il n’est pas acceptable légalement qu’un mujtahid suive un autre mujtahid sauf s’il connaît et est d’accord avec ses preuves.


Les Imams mujtahid ont formé un certain nombre de savants qui en sont arrivés à ce niveau. L’Imam Shafi‘i avait al-Muzani, et l’Imam Abu Hanifa avait Abu Yusuf et Muhammad ibn al-Hasan al-Shaybani. C’est à de tels étudiants que Abu Hanifa a adressé les mots suivants : « Il est illicite pour quiconque ne connaît pas ma preuve de donner mon avis comme fatwa » (al-Hamid : Luzum ittiba‘ madhahib al-a’imma, 6), et : « Il n’est pas licite pour quiconque de donner notre avis comme fatwa sans qu’il sache d’où nous l’avons tiré » (ibid.).


C’est l’une des erreurs grossières de notre époque que ces paroles sont parfois citées comme si elles s’adressaient à des Musulmans ordinaires. S’il était illicite pour le charpentier, le marin, le programmeur en informatique, le docteur, de faire un quelconque acte d’adoration avant d’avoir maîtrisé le corpus textuel dans sa globalité du Qur’an et les milliers de Hadiths, ainsi que tous les principes méthodologiques requis pour peser les preuves et établir la relation entre elles toutes, il aurait manifestement abandonné soit sa profession soit sa religion. Une vie entière d’étude serait à peine suffisante pour cela, un fait que Abu Hanifa savait mieux que personne, et c’était donc aux savants de l’istinbat, les mujtahid, qu’il a adressé ses remarques. Quiconque cite ces paroles à un non-savant pour tenter de suggérer que Abu Hanifa voulait dire qu’il est mauvais pour les Musulmans ordinaires d’accepter les travaux des savants, devrait s’arrêter pour réfléchir un moment à quel point cela est insensé, particulièrement compte tenu de l’œuvre de la vie d’Abu Hanifa de son début à sa fin, qui a consisté précisément à résumer les jugements de fiqh de la religion pour que les gens du commun en bénéficient.


L’Imam Shafi’i s’adressait également à ces savants d’élite quand il a dit : « Quand un hadith est sahih, c'est mon école (madhhab) » qui a été mal compris par certains comme signifiant que si on trouve un hadith, par exemple, dans le Sahih Al-Bukhari qui est en contradiction avec un avis de Shafi`i, on devrait présumer qu'il était ignorant de ce hadith, laisser tomber le fiqh, et accepter le hadith.


Je pense que les exemples que nous avons entendus ce soir au sujet de faire le lien entre plusieurs hadiths pour un avis juridique précis sont trop clairs pour mal comprendre Shafi`i de cette façon. Shafi`i se réfère à des hadiths dont il n’avait pas connaissance et dont les savants mujtahif savent qu’il n’en avait pas connaissance quand il a donné cet avis particulier. Et cela, comme l’Imam Nawawi l’a indiqué, « est très difficile, » car Shafi’i en connaissait énormément. Nous avons entendu l'opinion de l’élève de Shafi’i, 'Ahmad ibn Hanbal, au sujet de combien de hadiths un faqih doit savoir, et il a considéré incontestablement Shafi’i comme étant un tel savant, parce que Shafi’i était son cheik dans le fiqh. Ibn Khuzayma, connu comme « Imam des imams » dans la mémorisation de hadith, a été par le passé interrogé ainsi : « Connais-tu un quelconque hadith rigoureusement authentique (sahih) que Shafi’i n'a pas cité dans ses livres ? » Et il a dit « non » (Nawawi : Al-Majmu’, 1.10). Et l’Imam Dhahabi a indiqué, « Shafi’i n'a pas fait une seule erreur au sujet d'un hadith » (Ibn Subki : Tabaqat al-Shafi‘iyya, 9.114). Il est clair dans tout ceci que la parole de l'Imam Shafi’i « quand un hadith est sahih, c’est ma position » ne prend son sens - et ne pourrait entraîner des corrections significatives que si elle est adressée aux savants à un niveau de maîtrise du hadith comparable au sien.



L’Authentification des Hadiths.

Le dernier point soulève une autre question dont peu de gens sont au fait de nos jours, et à laquelle je vais dédier l’ultime partie de mon discours. Tout comme l’Imam mujtahid n’est pas comparable à nous dans sa maîtrise des preuves du Qur’an et de la Sunna entre lesquelles il est nécessaire de faire le lien, et dont ils tirent des jugements ; il n’est pas non plus comme nous dans la façon dont il juge de l’authenticité des hadiths. Si une personne qui n’est pas spécialiste dans le hadith a besoin d’évaluer un hadith, il voudra en général savoir s’il apparaît, par exemple, dans le Sahih al-Bukhari, ou le Sahih Muslim, ou bien si les savants du hadith l’ont déclaré sahih ou hasan. Un mujtahid ne procédera pas ainsi. Plutôt, il établit un jugement indépendant quant au fait que ce hadith vienne véritablement du Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) par sa propre connaissance des narrateurs du hadith et des sciences du hadith, et pas à partir d’un taqlid ou « suivre l’opinion d’un autre savant du hadith. »

Ce n’est donc pas nécessairement une preuve infirmant les avis d’un mujtahid que Bukhari, ou Muslim, ou quiconque a accepté un hadith qui contredit la preuve de ce mujtahid. Pourquoi ? Parce que parmi les savants du hadith, le degré de fiabilité individuel des narrateurs est un sujet sur lequel il y a des divergences, et par conséquent les hadiths sont sujets à divergences tout comme des questions particulières de fiqh sont sujettes à divergence parmi les savants du fiqh. Et, comme entre les écoles du fiqh, l’étendue de ces divergences est petite en relation avec le tout, mais nous devons quand même nous rappeler de leur existence.


Parce qu’un savant mujtahid n’est pas tenu d’accepter l’ijtihad d’un autre savant vis-à-vis d’un hadith particulier, l’ijtihad d’un spécialiste du hadith de notre temps comme quoi, par exemple, un hadith serait faible (da’if), n’est pas nécessairement un argument de défaveur de l’ijtihad d’un mujtahid antérieur comme quoi cet hadith est acceptable. Ceci est particulièrement vrai de nos jours, quand les spécialistes du hadith ne sont pas au niveau de leurs prédécesseurs ; que ce soit en matière de connaissance de la science du hadith ou de mémorisation la mémorisation des traditions prophétiques.


Nous devrions également nous remémorer de ce que signifie "sahih". Je conclurai donc ce travail par les cinq conditions qui doivent être réunies pour qu’un hadith soit considéré sahih, et nous verrons, inshallah, comment les savants du hadith ont divergé à leur propos, une discussion dont les contours sont posés par le savant dans Athar al-hadith al-sharif fi ikhtilaf al-A’imma al-fuqaha du savant du hadith Syrien contemporain Muhammad ‘Awwana [les effets du hadith sur les divergences des imams du fiqh] (21-33) :


(a)La première condition est qu’un hadith doit remonter au Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam) par une chaîne continue de narrateurs. Il y a une différence d’opinion entre Bukhari et Muslim dans le fait que Bukhari a soutenu que pour chaque deux narrateurs adjacents dans la chaîne de transmission, il doit être établi historiquement que les deux se sont effectivement rencontré, alors que Muslim et d’autres n’ont stipulé que le fait que leur rencontre ait été possible, comme dans le cas où l’un ait vécu dans une ville particulière qu’il est connu que l’autre a visité au moins une fois dans sa vie. Certains hadiths seront par conséquent acceptables selon Muslim et pas acceptables selon Bukhari et ceux des imams mujtahid qui adoptent son critère.


(b)La seconde condition pour un hadith sahih est que le narrateur soit droit moralement. Les savants ont divergé sur cette définition, certains acceptants qu’il est suffisant que le narrateur soit un Musulman dont il n’est pas prouvé qu’il est inacceptable. D’autres stipulent qu’il est clairement établi qu’il avait une moralité éminente, d’autres encore ont également décrété que cela pouvait être établi tacitement. Ces différents critères sont naturellement des raisons pour lesquels deux mujtahid peuvent diverger à propos de l’authenticité d’un même hadith.


(c)La troisième condition est que le narrateur doit être connu pour avoir eu une mémoire fiable. La vérification de cet état de fait est de même sujet à désaccords entre les Imams du hadith, ce dont résultent des différences à propos de l’évaluation de la fiabilité de certains narrateurs, et par conséquent de certains hadiths.

(d)La quatrième condition pour qu’un hadith soit sahih est que le texte et la transmission d’un hadith doivent être exempts de shudhuh, ou « variantes entre ses différentes versions établies. » Un exemple est le cas d’un hadith qui est rapporté par cinq rapporteurs différents qui sont contemporains les uns les autres, tous rapportant le hadith du même sheikh à travers sa chaîne de transmission jusqu’au Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam). Ici, si nous constatons que quatre des hadiths ont la même formulation, mais l’un d’entre eux a une formulation différente, le hadith avec la formulation unique est appelé shadhdh ou « marginal » et n’est pas accepté parce que la différence est naturellement attribuée à une erreur de ce narrateur, vu que la totalité des narrateurs ont entendu le hadith du même sheikh.
[Suit un exemple]
(e) La cinquième et ultime condition pour un hadith sahih est que le texte et la chaîne de la transmission doivent tous deux être sans ‘illa ou « faille cachée » qui alerterait les experts de s’attendre à des problèmes d’authenticité le concernant. Nous nous appesantirons un moment sur ce point non seulement parce qu'il aide à illustrer les processus de l'ijtihad, mais parce que l'expertise approfondie dans cette condition n'était pas commune même parmi les grands Imams du hadith. Le plus grand nom dans le domaine était 'Ali Al-Madini, un des cheiks de Bukhari, bien que son travail principal à ce sujet soit hélas maintenant perdu. Daraqutni est peut-être le spécialiste le plus célèbre dans ce domaine et dont les travaux subsistent encore. Dans les mots d' Ibn Al-Salah, un hafiz ou un « maître en hadith » (quelqu'un avec au moins 100 000 hadiths en mémoire), la connaissance du ‘illa ou « faille cachée » est :

"Parmi les plus grandes des sciences du hadith, la plus exacte et la plus élevée : seuls les savants avec une grande capacité de mémorisation, d'expertise en hadith, et à la compréhension pénétrante en ont une connaissance approfondie. Elle se réfère à d'obscures failles cachées qui rendent un hadith vicié, "faille" signifiant un défaut qui est annule l'authenticité d'un hadith qui est apparemment "rigoureusement authentique (sahih). Elle affecte les hadiths avec des chaînes de narrateurs fiables et qui remplissent en apparence toutes les conditions d"un hadith sahih" (Ulum al-hadith).

[Suit un exemple]

Conclusions.
Résumons tout ce qui a été évoqué. J'ai tout d'abord mis en évidence le fait que la science que vous et moi apprenons du Qur'an et des hadiths peut être divisée en trois catégories. La première est la connaissance d'Allah et de Ses attributs, et les vérités basiques de la croyance Islamique, comme la prophétie du Prophète (salAllahu ‘alayhi wa salam), la foi au Jour Dernier, etc. Tout Musulman peut et doit tirer cette connaissance du Livre d'Allah et de la Sunna, et c'est également le cas du second type de science : celle des prescriptions islamiques de bases : faire le bien, éviter le mal, faire la prière, payer la zakat, jeûner Ramadan, coopérer avec les autres dans les bonnes œuvres, etc. Tout un chacun peut et doit apprendre ces règles générales par lui-même ou par elle-même.



Puis nous avons vu une troisième catégorie de science, il s'agit du fiqh, ou "compréhension" d'un détail spécifique de la pratique Islamique. Nous avons trouvé dans le Coran et les hadiths sahih que les gens sont de deux types vis-à-vis de cette science : ceux qui sont qualifiés pour effectuer un Ijtihad et ceux qui ne le sont pas. Nous avons mentionné le hadith sahih concernant "un homme qui juge sans science : il ira en enfer", pour insister sur le fait que les mujtahid "du dimanche" sont des criminels quand ils opèrent sans formation adéquate.



Nous avons entendu le verset Coranique qui stipule qu'un groupe parmi la communauté Musulmane doit apprendre et doit être apte à enseigner aux autres les détails spécifiques de leur religion. Nous avons entendu le verset Coranique qui invite à laisser le soin de régler les affaires à "ceux qui étaient habilités à en déduire la portée".

Nous avons parlé de ces savants, les Imams mujtahid, tout d'abord sous le rapport de leur science complète du Qur'an et du corpus textuel de hadith, puis sous celui de la profondeur de leur interprétation, et nous avons alors mentionné des exemples tirés du Qur'an et des hadiths qui illustrent le processus par lequel chaque Imam fait le lien entre de nombreux textes, et donne la précellence à l'un ou l'autre quand il y'a une contradiction apparente. Nos exemples concrets d'ijtihad nous ont permis par conséquent de comprendre à qui les Imams adressaient leurs célèbres recommandations de ne pas suivre leurs positions sans connaître leurs preuves juridiques. Ils se sont adressés au fleuron des savants qu'ils avaient formés et qui étaient capables de saisir et d'appréhender les tenants et les aboutissants impliqués par ces mêmes preuves.


Nous avons alors appris que les Imams étaient également mujtahid concernant l'évaluation des hadiths en tant que sahih ou pas, et pris bonne note que, tout comme il est illicite pour un Imam mujtahid de faire le taqlid ou "de suivre un mujtahid sans connaître sa preuve juridique" sur une question de fiqh, il ne peut également pas le pratiquer pour l'acceptation ou non de chaque hadith. Enfin, nous avons pris conscience du fait que les divergences sur l'évaluation de fiabilité des hadiths parmi les savants qualifiés étaient à mettre en parallèle avec les divergences parmi les savants du fiqh concernant les détails de la pratique islamique : une divergence relativement mineure si on la compare à l'ensemble de leurs travaux.


Le point majeur de tout ceci est que tandis que chaque Musulman peut tirer la base de son Islam du Qur'an et des hadiths, c’est-à-dire les principales croyances et les principes d'éthique générale qu'il doit appliquer ; pour les questions spécifiques de fiqh de la pratique islamique, connaître un verset Coranique ou un hadith se trouve parfois à des mondes de distance de connaître le jugement de la shari'a qu'on en déduit, à moins qu'on ne soit un mujtahid qualifié ou que l'on en cite un.


Quand au mujtahids du dimanche qui connaisse un peu de langue arabe et qui s'arme de livres de hadith, ils sont semblables au docteur du dimanche que nous avons évoqué plus haut : si sa seule expertise consistait en sa capacité à lire des livres en français et à posséder des livres de médecine, nous objecterions certainement à sa pratique de la médecine, même s'il ne sagissait que d'opérer le petit doigt de quelqu'un. Alors que doit-on dire de celui qui ne connaît que l'arabe et a quelques livres de hadith et qui entreprend d'opérer votre akhira ?


Pour comprendre pourquoi les Musulmans suivent les madhhab, nous devons aller plus loin que les slogans simplistes sur "celui qui est préservé de l'erreur par Dieu et celui qui ne l'est pas", et apprécier à leur juste valeur les Imams du fiqh qui ont opérationnaliser le Qur'an et la sunna pour que nous puissions l'appliquer dans nos vies en tant que shari'a. Nous devons nous demander si nous "obéissons à la lettre" réellement quand Allah nous dit :

« Demandez à ceux qui savent si vous ne savez pas. » (Qur’an 16:43).

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MessagePosté le: 29/02/2008 16:28:01    Sujet du message: Les 4 écoles juridiques Sunnites Répondre en citant
MP3 "  Les 4 écoles Sunnites et les causes de leurs divergences "

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MessagePosté le: 29/02/2008 16:29:39    Sujet du message: Les 4 écoles juridiques Sunnites Répondre en citant
La jurisprudence islamique est le fait de légiférer sur des lois religieuses à propos des quelles il n'existe aucun texte explicite, ni dans le Qu^uran ni dans les hadiths.

Elle permet donc de savoir quelles sont les choses qui sont autorisées et celles qui ne le sont pas, de distinguer les actes obligatoires des actes recommander dans les pratique rituels etc... en se basant sur le Coran et la Sunna et selon des règles bien précises.

Le musulman peut choisir n'importe laquelle des 4 écoles sans avoir peur de s'égarer.
Chacune de ses écoles se valent, certains sont plus strict ou plus souple qu'une autre dans certaines questions.

Ces quatre écoles se reconnaissent officiellement et constituent le Sunnisme, c'est à dire l'ensemble des « gens de la tradition (sunna) et de la communauté ».

Les divergences au sein de ces 4 écoles, ne concernent que certains cas de jurisprudence, en effet elles partages toute les quatres la même croyance en Dieu.
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MessagePosté le: 29/02/2008 18:12:57    Sujet du message: Les 4 écoles juridiques Sunnites Répondre en citant
Salam ma soeur
rose Pour ce rappel merci :)
Perso , je suis maleikite :) Cool

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MessagePosté le: 29/02/2008 18:44:04    Sujet du message: Les 4 écoles juridiques Sunnites Répondre en citant
Waalaykoum salam mon chèr frère!

Wa fik baraka'Allâh. Macha'Allâh un Malikite trés content rose Perso moi je ne suis pas encore une école particulière.
Je pense surement devenir un jour aussi Malikite ou Hanafite incha'Allâh Mr. Green
Mais il y a plus de chance pour que ce soit Malikite puisque je compte prendre des cours à la mosquée de Paris et ils font un enseignement malikite trés content

Qu'Allâh swt nous garde sur le chemin de la vérité!
et qu'Allâh swt te bénisse mon frère Malikite!
 

rose As salamou'alaykoum rose
 
 

 
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MessagePosté le: 29/02/2008 18:49:53    Sujet du message: Les 4 écoles juridiques Sunnites Répondre en citant
We fik el baraka oukhti al aziza :)
Avant , tous on est musulman :) soub'hannalah , tu sais , les maghrebins sont plutot maleikite :)

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MessagePosté le: 29/02/2008 19:02:26    Sujet du message: Les 4 écoles juridiques Sunnites Répondre en citant
Salam ma soeur sih ...
j'ai vu sur un autre forum que tu voulais conaitre les plus grand savant de ces 4 ecoles
je n'ai pas trouve pour les chafeite desole :s

Haneifite
Shah Wali-u-Allah ad-dehlawi
Abou Youssouf (élève d'Abu Hanifa)
As-Samarqandi
Shurunbali
Abou-l Hassan 'Ali Nadwi
Mufti Taqi Usmani

Maleikite

Ashhab
Ibn Al-Qâcim
Ibn Battûta
Ibn Wahb
Ibn Qayyim, ses derniers étant tous des élèves de Malik.
Ibn Abî Zayd Al-Qayrawâniy
Asad ibn al Furat
Abu Bakr Ibn Al-'Arabiy
Al-Qâdhî 'Iyâdh
Ibn Khaldoun (1332 - 1406)
Muhammad Elîsh (m.1883)
Abder-Rahman Elîsh El-Kebîr (m.1930)
Shaykh Ahmad At Tijani
Sidi Al Hajj Malik Sy
Shaykh Abu Bakr Sy


Hanbalite
Al Qadi Abu Ya'la. (Mort en 459)
Le Ghawth Shaykh Abd Al Qadir Al Jilani, fondateur de la Tariqa Qadriyya. (470 - 561)
Ibn Al Jawzi
Ibn Rajab Al Hanbali
Le théologien (mutakallim) et théoricien du droit (usûlî) Ahmad ibn 'Abd el-Halîm Ibn Taymiyah (Mort en 728/1328).
Ibn Kathir
Ibn Al Qayyim Al Jawziyya
Ibn Qudama
Musa Furber, l'un des grands savants contemporains de cette école.



.... et vous , vous suivez quel Ecole ?

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MessagePosté le: 29/02/2008 22:20:46    Sujet du message: Les 4 écoles juridiques Sunnites Répondre en citant
mon frère fi'Allâh pour cet effort !  trés content OUi c'est vrai que la plupart des maghrébins sont malikites Wink
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MessagePosté le: 29/02/2008 22:28:01    Sujet du message: Les 4 écoles juridiques Sunnites Répondre en citant
We fik el baraka ma soeur sih :)
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MessagePosté le: 01/03/2008 00:10:09    Sujet du message: Les 4 écoles juridiques Sunnites Répondre en citant
salâmou^alaykoum wa rahmatoulahi barakatouh

Vous savez à quel école juridique appartenait Ibnu Taymiya?

Barak Allahu fikum !
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MessagePosté le: 01/03/2008 00:38:42    Sujet du message: Les 4 écoles juridiques Sunnites Répondre en citant
salâmou^alaykoum wa rahmatoulahi barakatouh

Le Sheykh Ibn Taymiya s'approchait fort de l'école Hanbalite.

Il y à très peu d'hanbalite de nos jours, la majorité des Hanbalites restes en Arabie Saoudite et en Syrie.

salâm alaykoum
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MessagePosté le: 01/03/2008 01:00:58    Sujet du message: Les 4 écoles juridiques Sunnites Répondre en citant
Question:

Que disent les savants au sujet d’Ibn Taymiyya ?


Réponse de mufti Muhammad Ibn Adam al-Kawthari :

Avant de répondre à la question, il est impératif de comprendre que l’extrémisme et la démesure sont désapprouvés dans la Sharia. L’islam est une religion de modération et enseigne à ses adeptes à être modérés dans toutes les sphères et les dimensions de la vie. Etre extrême d’une façon ou d’une autre nécessiterait d’aller à l’encontre des enseignements originaux d’Allah le Très-Haut et de Son Messager bien-aimé (qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix).

Allah le Très-Haut a dit :

“Et aussi Nous avons fait de vous une communauté de justes pour que vous soyez témoins aux gens, comme le Messager sera témoin à vous…” (Surah al-Baqara, V: 143)

Le Messager d’Allah (qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix) a dit dans un hadith :

“Prenez garde contre l’extrémisme dans la religion, car ceux qui sont venus avant nous n’ont été détruits que par l’extrémisme”.
(Sunan Nasa’i, Musnad Ahmad et d’autres)


Par conséquent, l’Islam est la voie du juste milieu entre l’excès et le laxisme. C’est une voie qui se situe entre la dureté trouvée dans la sharia de Moise quand celle-ci ordonne de se tuer soi-même comme une forme de repentir, de payer un quart de sa richesse et d’autres choses similaires, et le relâchement trouvé dans la sharia de Jésus (que la paix soit sur lui) quant au caractère permis de l’alcool, le fait de ne pas considérer impurs les vêtements avec des impuretés et d’autres choses similaires.

C’est une voie qui se situe entre l’extrémisme et la négligence trouvés parmi les divers groupes déviants. Elle se situe entre la croyance de ceux qui ont complètement rejeté le destin (qadariyya) et celle de ceux qui ont considéré le destin comme étant le seul à avoir un contrôle sur les actions humaines (jabariyya). Cette voie se situe entre l’idéologie des khawarij (qui considéraient les pécheurs comme étant sortis de l’islam) et celle des murji’a (qui croyaient que le fait de commettre des péchés n’avait absolument aucune conséquence), et entre la position des anthropomorphistes (mushabbiha) qui apparentaient les attributs d’Allah à ceux de Sa création, et celle de ceux qui ont complètement rejeté les attributs d’Allah le Très-Haut (mu’tazila).

C'est également une religion qui se trouve entre la loi et l'esprit, entre l'intellect et l'amour, et entre la théologie et la spiritualité. Elle rejette le concept des juifs selon lequel tout est basé sur l'intellect et le raisonnement et le concept des chrétiens selon lequel tout est basé sur l'amour et l'affection. Plutôt, l'Islam enseigne à ses adeptes à combiner entre les chemins de l'Iman et de l'Ihsan, et les chemins de la loi et de l'esprit. C'est la voie droite mentionnée dans la Surah d'ouverture du Qur'an que nous récitons quotidiennement dans nos prières : « Guide-nous sur la voie droite » (Surah al-Fatiha, V: 6) (Voir : Mulla Jiwun, Nur al-Anwar ala matn al-Manar, P: 5-6)

Ainsi, il est essentiel d'avoir une approche équilibrée dans tous les aspects de notre Dîn. Malheureusement, certaines personnes deviennent extrêmes d'une manière ou d'une autre. Certains prennent seulement en considération la signification extérieure de la Loi Sacrée du fait qu'ils rejettent les dimensions spirituelles et intérieures des règles islamiques, tandis que d'autres, au contraire, pensent que l'amour et l'esprit sont tout. Ces deux approches sont incorrectes comme expliqué plus tôt.

En ce qui concerne l’imam Ibn Taymiyya (qu'Allah lui fasse miséricorde), certains musulmans le considèrent comme étant la meilleure chose à s'être produite dans l'histoire islamique. Il est considéré comme le Shaykh al-Islam, donnant à ses opinions la priorité au-dessus des opinions de tous les autres imams Mujtahid. Ils le considèrent comme étant immunisé de commettre toute faute ou erreur, par conséquent ses avis sont considérés comme la compréhension finale et absolue de l'Islam. Au contraire, certains musulmans le considèrent être sévèrement déviant et complètement en dehors du sein de Ahl al-Sunnah wa al-Jama’ah. Certains vont même jusqu'au point de le considérer comme étant sorti du sein de l'Islam !

Une fois un frère m'a demandé ce que je pensais de l'imam Ibn Taymiyya (qu'Allah lui fasse miséricorde) et j'ai répondu en disant que je reconnais ses ouvrages et que j'ai du respect pour lui, bien que je sois en désaccord avec certaines de ses opinions. Alors il m'a demandé que ce que je pensais de Shaykh Ibn al-Arabi (qu'Allah lui fasse miséricorde) et j'ai répondu en disant qu'il était l'une des plus hautes autorités de l'Islam en termes de spiritualité et d'Ihsan. Le frère a dit : « Comment est-il possible que vous respectiez ces deux personnalités. Soit vous aimez l'imam Ibn Taymiyya et rejetez Shaykh Ibn al-Arabi, soit vous êtes d'accord avec les opinions de Shaykh Ibn al-Arabi et détestez l'imam Ibn Taymiyya. J'ai dit, « Je suis désolé de dire que j'aime et respecte ces deux personnalités, que cela vous plaise ou non. » Il n'y a pas ici deux camps dans lesquels être inclus, j'ai expliqué, de telle sorte que si j'appartiens à un camp, je sors automatiquement de l'autre.

Le fait est qu'il y a certains musulmans qui font le Takfir de Shaykh Ibn al-Arabi et qui considèrent l'imam Ibn Taymiyya comme le plus grand savant de l'histoire, tandis que d'autres considèrent l’imam Ibn Taymiyya comme étant Kafir et Shaykh Ibn al-Arabi comme étant la plus haute autorité dans tous les aspects de l'Islam. Ces deux approches sont déséquilibrées et incorrectes.

La position de la majorité des savants de cette Umma, à la fois ceux du passé et du présent, au sujet de l'imam Ibn Taymiyya (qu'Allah lui fasse miséricorde) est qu'ils le respectent en tant que savant et reconnaissent ses oeuvres, mais sont en désaccord avec certaines de ses opinions où il a choisi d'aller à l'encontre de la compréhension traditionnelle des savants de Ahl al-Sunnah Wa al-jama’ah. Ce point de vue est soutenu par la plupart des savants contemporains, du sous-continent indien et du monde arabe et musulman.

L'imam Taqi al-Din Ibn Taymiyya al-Harrani était un célèbre savant hanbalite d'exégèse coranique, de Hadith et de jurisprudence. Il était doté d'un style d'écriture tranchant et d'une mémoire vive et était un auteur éloquent dont les ouvrages se comptent en grand nombre. Ses verdicts légaux (fatawa) sont imprimés dans beaucoup de volumes et ses travaux dans la réfutation des Shi'as et d'autres sujets sont sans pareil. Beaucoup de Ulama, tels que l'imam al-Dhahabi et d'autres, ont eu des paroles très élogieuses à son sujet.

En dépit de ceci, l'Imam a commis des erreurs graves dans certaines questions concernant les principes de la croyance (aqida) et la jurisprudence (fiqh). Il a choisi certaines positions dans le Fiqh qui allaient à l'encontre la compréhension traditionnelle des Ulama des quatre écoles sunnites de loi islamique. Il était principalement un adepte de l'école hanbalite, mais il a tenu certains avis qui allaient également à l'encontre de la position hanbalite traditionnelle, par conséquent les Ulama ne l'ont pas considéré comme étant l'autorité finale dans cette école.

De même, certaines de ses positions concernant les principes de la croyance, mentionnées dans ses ouvrages tels que al-Aqida al-Wasitiyya, ont été la cause de beaucoup de controverse et il a été légitimement réfuté par des savants tels que l'imam al-Subki, Ibn Hajar al-Haytami et d'autres. Il a différé avec les autres Ulama sur beaucoup de questions telles que le caractère permis du Tawassul, le fait de voyager spécifiquement pour visiter la tombe du messager d'Allah (qu'Allah le bénisse et lui accorde la paix) et d'autres questions similaires. Sa position concernant les attributs d'Allah le Très Haut lui a causé d'être emprisonné au Caire et à Damas, et les Ulama ont signalé son approche erronée.

Un des grands savants du Hadith et du crédo islamique du sous-continent indien, l'imam Anwar Shah al-Kashmiri (qu'Allah lui fasse miséricorde) a réfuté l'imam Ibn Taymiyya dans plusieurs de ses ouvrages dont son commentaire du Sahih de l'imam al-Bukhari, Faydh Al-Bari. Dans un de ses ouvrages en Urdu, il déclare :

« Ibn Taymiyya et d'autres ont flirté avec l'anthropomorphisme, du fait qu'ils ont adopté le sens littéral de certains versets du Qur'an. » (Malfuzat Muhaddith Kashmiri (Urdu), P: 242)

Il dit plus loin que l'imam Ibn Taymiyya et Ibn al-Qayyim (son élève) ont parfois rejeté des Hadiths authentiquement prouvés quand ils allaient à l'encontre de leurs positions. Il y a beaucoup d'exemples de ceci. L'imam Ibn Hajar al-Asqalani a également condamné Ibn Taymiyya pour avoir rejeté des Hadiths authentiques (sahih) quand ils allaient à l'encontre de sa position. Shaykh Abd al-Aziz al-Dehlawi (qu'Allah lui fasse miséricorde), après avoir étudié le Minhaj al-Sunnah d'Ibn Taymiyya, a été immensément affligé par son amoindrissement des Ahl al-Bayt (membres de la famille du prophète) et des Soufis.

L'imam Anwar Shah al-Kashmiri a ensuite mentionné que son professeur Shaykh Mawlana Husayn Ahmad al-Madani (qu'Allah lui fasse miséricorde) était très antipathique à l'encontre de l'Imam Ibn Taymiyya. Il détestait même que le titre de « Shaykh al-Islam » soit employé à son sujet, par conséquent il a été contrarié quand Shaykh Muhammad Zakariyya al-Kandahlawi (qu'Allah lui fasse miséricorde) a employé ce titre pour l'imam Ibn Taymiyya dans un ses ouvrages.

Il continue ensuite en disant que l'approche la plus équilibrée quant à l'imam Ibn Taymiyya est l'approche de l'imam al-Dhahabi, de l'imam Ibn Hajar al-Asqalani et d'autres, à savoir que l'on peut tirer bénéfice de ses ouvrages importants et volumineux, mais que l'on doit être sur ses gardes contre ses opinions isolées qui se comptent en grand nombre dans les domaines de la croyance (usul) et des branches de la jurisprudence islamique (furu'). C'est la position de nos savants (Deobandi). (Malfuzat Muhaddith Kashmiri, P: 413-414)


Shaykh Taqi Usmani (qu'Allah le préserve) a également mentionné une position semblable vis-à-vis de l'Imam Ibn Taymiyya. Il énonce :

« En ce qui concerne les avis de Allama Ibn Hazm, Allama Ibn Taymiyya and Allama Ibn al-Qayyim , avec tout le respect dû à leur statut et leur rang élevés, ils ont choisi certaines positions qui vont à l'encontre des savants traditionnels de cette Umma… » (Fiqhi Maqalat, 2/21)

Un des savants renommés dans le monde entier, Shaykh Abul-Hasan al-Nadwi (qu'Allah lui fasse miséricorde) a consacré un chapitre entier de son ouvrage à couvrir la vie et les accomplissements de l'imam Ibn Taymiyya. L’ouvrage renommé du Shaykh respecté, en arabe Rijal al-Fikr Wa al-Da’wa, pose un regard sur les vies et les accomplissements de personnalités tels que Umar ibn Abd al-Aziz, Hasan al-Basri, l’imam Ahmad ibn Hanbal, l’imam Abu al-Hasan al-Ash’ari, l’imam al-Ghazali, Jalal al-Din al-Rumi et d'autres dont également l'imam Ibn Taymiyya. Ceci nous ramène à l'aspect d'avoir une approche équilibrée ; ainsi Shaykh al-Nadwi médite sur la vie et l’oeuvre de grandes lumières dans le domaine de la spiritualité islamique (tasawwuf) et a également de la place dans son ouvrage pour l'imam Ibn Taymiyya.

La même attitude a été suivie par beaucoup de savants arabes également. Le défunt savant renommé de Fiqh Hanafi et des principes de la jurisprudence islamique, l'imam Muhammad Abu Zahra (qu'Allah lui fasse miséricorde) d'Egypte dit dans son Tarikh al-Madhahib al-Islamiyya :

« Le fondateur du mouvement Wahhabite, Muhammad ibn Abd al-Wahhab, a étudié les ouvrages de l'Imam Ibn Taymiyya en profondeur et est devenu plus extrême. Il a mis les opinions d'Ibn Taymiyya en pratique plutôt que de les garder en théorie. Ainsi, ils (Muhammad ibn Abd al-Wahhab et ses disciples) ont détruit beaucoup de tombes de compagnons (Sahaba) et ont étendu la signification de l'innovation d'une manière dont on n'avait jamais entendu parler auparavant… » (Tarikh al-Madhahib al-Islamiyya, P: 199)

Après avoir dit ce qui précède, le même auteur (l'imam Abu Zahra) a ensuite consacré un volume entier à mentionner la vie et les ouvrages de l'imam Ibn Taymiyya. Il a compilé tout d'abord une série de quatre livres jetant la lumière sur la vie et l’oeuvre des quatre imams Mujtahid (Abu Hanifa, al-Shafi'i, Malik et Ahmad), et ensuite, il a compilé une autre série de quatre livres couvrant les biographies d'autres imams, dont l'imam Ibn Taymiyya.

L’imam Zahid al-Kawthari (qu'Allah lui fasse miséricorde) est renommé pour son Hanafisme,son attachement au Sunnisme et sa réfutation des Wahhabites, pourtant un de ses élèves principaux Shaykh Abd al-Fattah Abu Ghudda (qu'Allah lui fasse miséricorde) non seulement cite et rapporte de l'imam Ibn Taymiyya dans plusieurs de ses ouvrages, mais a également édité et publié un de ses ouvrages intitulé « Risalat al-Halal Wa al-Haram » (livre du licite et de illicite et quelques principes de transactions monétaires) et sur la couverture du livre (et aussi à l'intérieur) il a mentionné le nom d'Ibn Taymiyya avec le titre Shaykh al-Islam.

Beaucoup d'autres savants contemporains majeurs du monde arabe, de Damas et d'ailleurs, ont également adopté la même position. Des savants tels que Shaykh Muhammad Sa’id Ramadhan al-Buti, Shaykh Wahba al-Zuhayli, Shaykh Mustafa al-Bugha, Shaykh Mustafa al-Khin, Shaykh Abd al-Latif al-Farfur et beaucoup d'autres citent souvent l'imam Ibn Taymiyya dans leurs ouvrages respectifs, mais avec prudence et discernement, et ils avertissent les autres des opinions isolées et controversées d'Ibn Taymiyya.

Par conséquent, en conclusion, l'approche équilibrée concernant la personnalité de l'Imam Ibn Taymiyya est que nous reconnaissons ses services importants rendus au Dîn. Nous reconnaissons ses accomplissements et tirons bénéfice de ceux de ses ouvrages qui sont conformes à la compréhension traditionnelle de Ahl al-Sunnah Wa al-Jama’ah et à l'Islam sunnite, et nous rejetons ce qui n'est pas conforme à la majorité des savants de cette Umma. Nous le respectons en tant que savant, et par conséquent évitons de le condamner totalement, mais nous ne le considérons pas comme étant une autorité dans les domaines de la foi, de la croyance et de la jurisprudence. Nous laissons ses opinions et avis controversés dans les principes de la foi à Allah le Très Haut et nous nous concentrons sur ce dont nous avons besoin d'apprendre et de savoir. C'est l'approche juste et équilibrée suivie par la majorité des savants à propos des personnalités controversées.

Et Allah est plus savant.

Muhammad ibn Adam
Darul Iftaa
Leicester , UK
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